Fiesta des Suds: Izia – Dock des Suds (Marseille) – 17/10/09

« Nous sommes en plus 30 après S. Gainsbourg. Tous les groupes gaulois produisent du rock français de sous marque… Tous? Non! Un petit band d’irréductibles Gaulois mené par Izïa résiste encore et toujours à l’envahisseur. Et la vie n’est pas facile pour les garnisons de légionnaires des camps retranchés de Superbus, Indochine, BB Brunes et Plasticines.  »

Fiesta des Suds, il est 22h20 dans l’antichambre du festival. Alors que la grande majorité du public attend avec impatience, que vienne se produire Charlie Winston. Même si la salle n’est pas pleine à craquer, il est réjouissant de voir que la diffusion de masse de « like a hobbo  » sur nos ondes hertziennes n’a pas totalement réduit à néant l’amour que certains ont pour le rock, le vrai, le pur, le dur ! A ceux qui croyaient que le Rock était une histoire d’homme, Izïa, du haut de ses 10 centimètre de talons aiguilles est la preuve vivante que ces personnes là se trompent. Les plus réticents pourraient dire qu’il ne s’agit là que d’une fille de… En effet Izïa semble être la fille spirituelle DE Janis Joplin et Jack White.

Verbe, fougue, talent certains héritent d’argent pour la jeune demoiselle il semblerait qu’il s’agisse de qualité. Qu’elle soit seule avec sa guitare, derrière une batterie ou tout simplement entrain de chanter on en oublierait même que la sœur d’un certain Arthur n’a pas encore vu son vingtième printemps. Finalement se sont ses prises de paroles plus ou moins houleuses –contrastant néanmoins avec l’attitude scénique- qui nous ramènent à la réalité, Izïa reste avant tout une adolescente. Mais une ado qui s’assume, la jeune a beau ne pas être un top model, avoir des formes, elle « emmerde toutes ces salopes qui sont jalouses lorsque tu te sens sexy dans ton shorty » et entend bien faire passer le message par le très stoogien «  Hey Bitch « .

Si la voix d’Izïa est remarquable, elle ne serait rien sans les musiciens qui l’accompagnent. Malgré un putain de rock à réveiller grand-mère, le public marseillais reste immobile, à la limite de la frustration. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé de nouer le contact, d’inciter à participer mais rien ne prend. En tout cas une chose est sure, « Back In town » aura séduit les plus perplexes, récoltant applaudissements, cris de joie et même demande de strip tease. D’ailleurs c’est peut être à ce moment que l’on voit que d’Izïa à Jack White il n’y a qu’un pas, musicallement bien sur.

Cependant il est vrai que le show n’est pas sans faille et que quelques morceaux comme « The Light » ne représentent qu’un intérêt très succinct. Mais lorsqu’on l’a compare avec d’autres groupes rangés dans la même catégorie à l’image des BéBé Brunes inéluctablement le spectacle reste d’une qualité nettement supérieure, même si ce n’est pas très difficile. Ayant seulement sorti un album il n’est donc pas étonnant qu’au bout d’une heure le groupe se retire après un ultime morceau dans lequel Izïa s’installe à la batterie.

Finalement, même si nous sommes en plus 30 après S. Gainsbourg, même si la quasi-totalité des nouveaux groupes de « rock français » font de la bouse commerciale. Un petit groupe d’irréductibles mené par Izïa résiste encore et toujours pour que le rock, le vrai perdure, celui qui dit « fuck  » à tout, «  fuck  » à rien, celui qui est là pour faire trémousser les jeunes pucelles et vomir les vieux barbus. D’accord, Izïa reste très jeune et manque quand même d’expérience mais être chanteuse ce n’est pas non plus diriger l’EPAD, par conséquent il ne fait aucun doute que dans quelques années ce sera sur la grande scène de la Fiesta qu’Izïa viendra dire «  Fuck à toutes les pétasses (qui se moquent des autres bien évidement)  »

- BOBY -

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Edited: octobre 24th, 2009

Fête de l’Humanité – La Courneuve: Cafe Vista Alegre, Maxime Le Forestier, Les Wampas, Arthur H, The Kooks, Deep Purple – 12/09/09 – Jour 2


Après une nuit des plus mouvementée au camping, un Djembéman qui joue mal, un départ d’incendie et le froid commun à Paris, c’est par un débat sur Jaurès que cette seconde journée sur la planète Humanité commence.

« Qui a les plus grosses maracas ? »

Pas grand monde pour le rendez vous cubain de la semaine. Il faut dire que Cafe Vista Alegre ne fait pas figure de tête d’affiche. Cependant après un bon petit repas kebab-guiness, pour la sieste de 14h, la musique cubaine il n y a rien de mieux. Maracas en main, sourire jusqu’ aux oreilles, le chanteur qui, rapidement est rejoint par une jeune chanteuse, semble vraiment dans son élément. Il faut dire qu’un cubain à la fête de l’huma, cela relève de l’euphémisme. Néanmoins aprés une demie heure de spectacle, le show devient quelque peu rébarbatif bien que plaisant.

« L’intrus de la Fête »

On savait que Radio France était partenaire de la Fête de l’Humanité mais jamais on ne m’avait prévenu que Nostalgie était aussi de la partie, c’est sans doute pour ça que je fus étonné de voir Maxime le Forestier sur cette scène d’autant plus depuis son léger retournement de veste sur le débat relatif à la loi HADOPI. Il était donc risqué de venir se produire ici, tomates ou applaudissements à l’entrée de l’artiste ? Finalement ni l’un ni l’autre, sur l’ensemble de l’assemblée tout juste un quart remarque la présence de l’artiste. Qu’il joue ou pas pour la majorité du public ça ne fait pas grande différence. Tant les cubains de Cafe Vista Alegre étaient parfaits pour faire passer la digestion du midi, tant Maxime ne fait pas passer grand-chose à travers son concert. Heureusement la fête de l’Humanité ne se résume pas seulement au concert, après avoir tenu péniblement 4 morceaux c’est sur les expositions photos que je me retranche.


Mais en chemin, c’est une curieuse rencontre que finalement je fais. Un paradoxe, une énigme, bref un ministre de la majorité présidentiel, celui de la culture, Mr.Mitterand, pas celui qui est décédé, l’autre. Accueilli par les huées, les cris et les insultes, le principal intéressé se défend comme il peut. D’un côté il explique que sa présence est légitime en tant que ministre de la culture, ce qui est pour le moins normal, seulement de l’autre côté le ministre défend ouvertement son ami Hortefeux devant des militants exacerbés, de surcroit, le ministre se fait rapidement expédier de la fête. De son côté Maxime sans escarmouche termine son set. Cependant de Frédéric ou Maxime difficile de dire qui était vraiment l’intrus de la Fête…

« Ce soir les Wampas ont inventé le Rock pour vous mes chéris ! »

17h40, un soleil presque de plomb, des effluves de transpiration d’adolescents et un costume rouge, panoplie d’un véritable coco, celle de Didier Wampas.. Après une petite musique d’introduction (celle du catcheur l’Undertaker, pour les connaisseurs), les 5 yéyés punks rentrent sur scène entamant in media res leur set. La masse compacte saute sur les riffs enjoués du groupe. Après «  Aquarium Tactile  » Immersion totale dans l’ambiance de la Fête, du costume aux petites phrases clin d’œil comme « Reviens G. Marchais « , les Wampas ne s’impliquent pas qu’à moitié. A tel point que c’est une jeune militante qui sert de pied micro le temps d’une chanson. Dans l’univers des Wampas entre punk brut et le kitch il n’y a qu’un pas, du coup coup de plus normal que de chanter «  Macho Man  » ou «  Où sont les femmes » en plein milieux de set ? C’est un peu la marque de fabrique du groupe.
Lorsque Didier n’est pas sur scène, il est dans le public, sur le dos, sur le ventre, sur une chaise. Même si la fête est sous l’égide de la faucille et du marteau, il ne faut pas négliger un détail, Didier Wampas est le roi, et c’est en tant que tel que le Roi se fait installer un trône de fortune (quelques caisses en bois) sur scène. Du haut de son perchoir les communistes sont à ses pieds et c’est peu dire, tous scandent »Didier Wampas est le Roi « . Ce que des gouvernements entiers ont essayé de faire durant des années et années, Didier Wampas l’a réalisé en tout juste une demi-heure. Sa majesté nous gratifie d’ailleurs d’un set list vraiment hétérogène, des titres du nouvel album, des anciens et bien sur l’incontournable « Porte feuille de Manu Chao  » qui électrise un public déjà survolté. Le ridicule ne tue, les Wampas l’ont prouvé à maintes reprises, après l’immonde costume rouge, Didier prend une guitare Hello Kitty et se coiffe non pas d’une couronne mais d’un immonde plot orange de signalisation, généreusement offert par le public.

Maintenant couronné, Didier s’adresse à son peuple «  Ce soir les Wampas ont inventé le Rock pour vous mes chéris ! KISS, KISs, KIss, Kiss, kiss… « , Après avoir embrassé quelques personnes du public, c’est au tour des personnes à mobilité réduite de se faire embrasser par le Roi. Avec les mouvements de foule un épais panache de poussière s’installe devant la grande scène, même s’il est difficile d’y voir, il n’est pas pour autant dur de remarquer que la fosse est déjà pleine. Il n’y a pas de problème, il n’y a que des solutions, afin de remédier à la surpopulation dans le public Didier invite –pour son plus grand plaisir- les demoiselles du public sur scène. C’est alors qu’une nuée de jeunes groupies déferlent sur la grande scène. Ca se trémousse, ça danse pour les plus osées ça embrasse même les membres du groupe. De quoi ravir les Wampas qui terminent sous des tonnerres d’applaudissements et des milliers de baisers.

« I want to FLUCK with Madonna »

J’apprécie le père, j’idolâtre la sœur, mais le frère j’avoue ne pas vraiment le connaitre. En tout cas le public est au rendez vous, -même si les premiers rangs sont déjà essentiellement occupés par les jeunes groupies des Kooks-. Entrée sans fioriture sur scène, pas de décors, un univers très sombre un seul élément contraste avec l’ensemble uniforme, la charmante pianiste à tête blonde du groupe. Cette année les programmateurs n’ont, semble t il pas peur de jouer avec le feu, il n’y a pas que Maxime Le Forestier qui soit pro Hadopi, Arthur H l’est aussi. Du coup s’exposer sur une scène aussi politisée que celle de l’Huma peut se révéler risqué, heureusement pour l’artiste Mitterand et les Wampas sont passés avant ce qui a quelque peu calmé les foules. Arthur H débute avec « Est-ce que tu aimes « , initialement ce morceau est un duo avec -M-, sans ce dernier cette version est quelque peu fade. Heureusement Higelin fils se rattrape avec «  Dancing with Madonna  » qu’il transforme en plein milieu en « FLUCKING with Madonna », flucking car fucking est trop vulgaire pour celui qui se décrit comme un « poélitique », amis de la poésie, bonjour. Après plus de cinq heures de concert ma gorge est un peu sèche du coup la Guiness m’appelle, et entre cette délicieuse boisson et Arthur H il n’y a pas photo, même si le set n’est pas fini je déserte –sans grand regret- la grande scène en faveur du stand Irlandais du Village Monde. Pour conclure, tant je serai prêt à défendre qu’avant d’être la fille de… Izïa se révèle être une perle musicale, un bijou, tant pour Arthur H il me serait plus difficile d’en dire autant…

«  We love you »

Un groupe pop british juste avant une tête d’affiche de légende, c’est un peu une coutume sur la grande scène de la fête de l’Huma que de retrouver ce genre de programmation. Après Razorlight, Babyshambles,il était on ne peut plus normal de retrouver les anglais de The Kooks au parc du bourget. Autant dire que tous les préadolescents boutonneux s’étaient donné rendez-vous. D’ailleurs dans les premiers rangs la tension est palpable à tel point qu’au moment où le groupe débarque sur scène ce sont tous les photographes/journalistes qui se sont soudain retrouvés sourds. Somptueux amalgame de Rock, Folk, Pop il faut reconnaitre que ces quatre dandys là ont une toute autre classe que certains groupes français qui essayent –tant bien que mal- de percer dans le milieux à l’image des bb brunes pour ne citer qu’eux. Pas le temps de s’ennuyer, les titres s’enchainent rapidement, peut être même trop. Il est d’ailleurs regrettable que le chanteur fasse plus attention aux groupies du premier rang plutôt qu’à l’ensemble du public, comme dirait les plus sages, c’est de leur âge. En tout cas le public ne semble pas leur en tenir rigueur, envouté par «  Ooh la  » ou encore le magnifique «  Sway « , difficile de faire autrement.D’un titre à l’autre l’atmosphère change, mais l’énergie débordante du groupe reste.


Les bambins –qu’ils sont- se déchainent sur scène, à droite à gauche, c’est à s’en demander comment le chanteur trouve le temps de réciter ses paroles. Qu’il s’agisse de morceaux du premier album ou du dernier, les fans sont là et comptent bien le faire savoir, pas un refrain n’est oublié, pas une parole ne manque, ces textes ils les connaissent par cœur, plus qu’un simple groupe de rock, les Kooks semblent être en seulement deux albums devenus des icones incontournables de la musique pop anglaise. Même si les prises de paroles se font rares, avec des morceaux comme «  Naïve », « See The Sun » ou « Stormy Weather « , difficile de résister au charme, à la classe et au rock du quatuor britannique.

« You are magical !  »

Quelle mouche a bien pu me piquer ? Pourquoi suis-je sorti de l’espace pro pour aller dans la fosse ? Si ce n’est pas le pandémonium ça y ressemble bien. Le réel manque de place se fait ressentir, tous les 10 mètres un malaise, pas assez de place devant la scène, le public littéralement écrasé contre les barrières et même des personnes à mobilité réduite renversées !  Pour avoir la chance d’apercevoir la légende Deep Purple, pas le choix, c’est chacun pour sa peau.  Puis le moment tant attendu arrive enfin, sans déambulateur  les papys purple débarquent sur scène. L’un coiffé d’un bandana retenant ses cheveux grisonnants, l’autre les pieds nus, le troisième, collier de vraies fausses dents de crocodile autour du cou, le quatrième à la coiffure estudiantine, quant au dernier il choisit la facilité, caché derrière ses futs pas évident de le voir.  S’ils ont un physique de vieux l’attitude est tout autre. Le risque avec les grands groupes qui décident de faire une gérontho-tournée c’est souvent d’être de décevoir le public avec un show mollasson et des capacités n’égalant pas celle du bon vieux temps.

Sur ce point là il faut avouer que Deep Purple n’aura pas déçu, même si, il faut l’avouer, les performances vocales de Gillan –le chanteur- n’étaient pas toujours au top, surtout au début du premier morceau,« Highway Star ».  Fort heureusement, une fois chaud, plus de défaillance de la part de Gillan, d’ailleurs à en juger ses expressions de visages, on le croirait presque surpris du monde présent. En tout cas une chose est sure, sur scène, Deep Purple prend vraiment du plaisir, le sourire jusqu’aux lèvres, le but est clair, passer une super soirée. Les performances instrumentales sont elles aussi irréprochables entre les solos de guitare de la mort qui tue et les impros au clavier, le public en aura eu largement pour son argent. Avant que ne vienne le très attendu « Smoke On The Water », Don Airey – qui est au clavier- nous gratifie de tout son talent avec un petit medley alliant classique, swing, la chansonnette « Alouette je te plumerai… » Et même l’hymne française avant d’enfin finir sur la fameuse intro de ce fameux morceau. Autant dire que dans le public c’est l’euphorie atteint son paroxysme.  « You are magical », c’est sur ces mots que Deep Purple se retire de scène.  Le quintet se fait un peu attendre avant de revenir en force avec « Hush » et «Black Night ».

Les charlots chantaient « Merci Patrons », aujourd’hui j’aurais bien chanté « Merci l’Huma ».  Programmation avec ses hauts et ses bas mais programmation de qualité et surtout à moindre coup. Seul problème, une fois de plus la sécurité, je ne compte plus les fois où j’ai failli me faire piétiner. Peut être que la fête devrait penser à déménager car, si ce n’est pas encore le cas, la Fête de l’Huma est en voie d’être le plus gros festival européens, soyez en assurez.

-          Boby -

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Edited: septembre 24th, 2009

Festival Woodstower – 29/08/09 Day02 : Zahra Hindi + Herman dune + Tricky + Peaches + André Duracell


Après une nuit glaciale dans la toundra lyonnaise, une heure de galère pour trouver la navette pour Lyon et une petite balade dans le village artisanal, nous voilà de retour au Woodstower Festival. Pour ce deuxième jour, le moins qu’on puisse dire c’est que les organisateurs ont mis le paquet, Tricky, Peaches, et même des petits fours à l’espace pro accompagnés de ponch.

Arrivés en retard pour pouvoir apprécier le quatuor composant Max Tundra, nous nous rattrapons finalement sur Hindi Zahra, jeune chanteuse aux influences orientales. Ambiance minimaliste et intimiste, c’est sur un simple « Bonjour » que tout commence. Il faut avouer que dés la première chanson, la mélancolieuse voix d’Hindi envoute l’assemblée. A la frontière du psychédélisme, les danses entreprises par la jeune demoiselle convertissent les derniers incertains.

La jeune chanteuse peut se féliciter d’avoir attiré un public nombreux, pas spécialement démonstratif mais en tout cas réceptif. Les morceaux se succèdent, bien qu’un peu répétitifs ces derniers ne manquent pas d’installer une ambiance zen et relaxante.

Dans un tout autre registre, c’est Herman Dune seul qui prend le relais sur l’immense scène du lac, qui, pour le coup, parait bien vide. Pas de fioriture, tout juste quelques spots lumineux. Herman se tient seul avec sa guitare face à quelques milliers de spectateurs. J’avoue que j’étais curieux de découvrir le personnage mais j’ai rapidement été déçu, pas que le spectacle était mauvais mais plutôt que l’ambiance ne décollait pas, Herman peinait à faire partager son univers. Néanmoins je suis convaincu que ce dernier doit être parfait dans une salle plus intime qu’une grande scène de festival.

Finalement ce n’est que lorsque le deuxième frère Dune ainsi qu’un autre membre du groupe rejoignent le plateau que le spectacle décolle enfin. En l’espace d’une chanson l’ambiance change considérablement, le public commence à se déhancher, taper dans les mains, bouger la tête et même parfois reprendre les refrains. Ce regain de puissance est il suffisant pour faire oublier un début longuet ? Il semblerait bien puisque ma mémoire n’en retient vraiment que les derniers morceaux. Une chance pour Herman Dune.

Pendant que les road’s s’activent pour le changement de plateau, c’est en plein milieux du festival que André Duracell, plus remonté qu’une pile se déchaine sur sa batterie. Du haut de sa mini tourelle, qui d’ailleurs fait un peu penser à celle d’Angus Young, Andrew dit André reprend et remixe des sons de jeux vintage mais aussi du Bach. En résumé un univers bien enflammé que nous propose là l’allumé André. Rien de tel avant de passer à Tricky.

Serait ce vraiment utile de présenter Tricky ? Tête d’affiche de cette seconde et dernière soirée du Woodstower, le prince du Trip Hop comme on aime à l’appeler est depuis le début de l’été présent sur bon nombre de festivals à l’image des Eurockéennes. Pour en revenir au spectacle c’est dans la pénombre la plus total que Tricky arrive sur scène. Dans le jeu d’ombre son perfecto et ses petites dread se dessinent

Après une longue introduction musicale la voix retentit dans la plaine lyonnaise. A ce moment je me demande si le régisseur son est présent ou tout simplement sourd, l’instrumental étant très fort la voix de Tricky peine à s’imposer, fort heureusement après quatre cinq chansons le tir est rectifié. Pour avoir longuement écouté l’artiste sur support CD je le trouvais plaisant mais en live il faut avouer qu’il est surprenant. Pas une minute de répit, lorsqu’il n’est pas derrière son micro à faire bouger la tête si se retrouve entrain de slamer dans le public. Beaucoup de morceau du dernier album sont joués comme « Excess » ou « Girls« . En plus de fournir un spectacle de qualité Tricky n’en oublie pas pour autant son public avec lequel il s’entretient souvent. C’est donc un grand plaisir que de voir un artiste si soucieux de son spectacle mais aussi de son public, on est bien loin des artistes qui prennent les spectateurs pour des vaches à lait.

J’aurais tendance à dire que Tricky incarne parfaitement la philosophie que la musique devrait respecter, celle d’être vectrice d’échanges, simplicité et respect. La musique est tellement entrainante que rapidement la froideur qui commençait à s’installer déguerpie aussi tôt. Tricky qui au début torse nu me donnait des frissons me donne maintenant envie de tomber le polo malgré la grippe A qui n’est pas très loin. Le public est vraiment subjugué, comment ne pas l’être ? L’univers que nous fait explorer le groupe est tout simplement merveilleux cependant toutes les bonnes choses ont une fin on nous le dit assez souvent et c’est pourquoi une fois de plus ce célèbre proverbe se vérifie puisqu’après de chaleureux remerciements Tricky quitte la scène.

C’est bien connu, Duracell dure deux fois plus que les autres piles alcalines. Ainsi il n’est pas vraiment étonnant de retrouver une seconde fois André et sa batterie sur la mini tourelle juste avant Peaches.

Pour être franc je ne connaissais pas du tout Peaches (Oui je sais, honte à moi) du coup en voyant l’accoutrement des quelques férus de la canadienne je m’attendais à tout. A tout ? Enfin presque, j’avoue que je fuis surpris lorsqu’en introduction ce fut le générique de l’Agence Tout Risque entama ce set des plus intéressants. Sur le plateau on distingue deux hurluberlus se déambuler. Soudain une espèce de pèche rose débarque, micro en main, il ne fait aucun doute, il s’agit bel et bien de Peaches
Accompagné d’un pianiste, d’un batteur c’est surtout Safy, la guitariste qui retient l’attention du plus grand nombre, son porte jarretelle doit y être certainement pour quelque chose. Au deuxième morceau le masque tombe, le costume aussi, l’enrobage pêche laisse place à un costume qui rendrait jaloux un arlequin. Le spectacle est réglé à la minute prêt du coup le manque de spontanéité est quelque peu regretté. Mais lorsque que la jeune vieille canadienne se jette sur scène tout est calculé.

Néanmoins la mise en scène est agréable et plutôt amusante, peignoir, piercing au clitoris qui éclaire la scène, si Tricky est le prince du Trip Hop il ne fait aucun doute que Peaches et la reine de l’électrotrash. On en revient même à se demander si ce personnage tout droit sorti de l’émission Tracks est vraiment canadienne. Il faut dire qu’il y a un fossé entre Céline Dion et cette dernière. Même si elle ne fait pas l’unanimité, Peaches est pour moi la grande découverte de ce festival, un seul regret ; ne pas l’avoir connue plus tôt.

Ces deux jours au Woodstower sont un peu comme un gros bol d’air avant la dure reprise. Allant de découvertes en découvertes c’est vraiment avec le sourire jusqu’aux oreilles que je retourne dans ma petite campagne provençale. En tout cas si le festival pérennise son désire de fournir une programmation toujours autant éclectique il est sure qu’en 2010 je serai de la partie !

- BOBY -

Plus de photos sur : http://www.flickr.com/photos/boby_allin/sets/72157622209577304/

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Edited: septembre 18th, 2009

Interview Fatals Picards – Voix du Gaou (Six Fours) – 24/07/2009 -

Interview Fatals Picards – Voix du Gaou (Six Fours) – 24/07/2009 -

Après avoir assisté aux balances des Fatals Picards. Nous nous réfugions à l’ombre des conifères peuplant les pourtours méditerranéens afin d’entamer l’interview avec le groupe. C’est donc avec une magnifique vue sur la plage, une bière généreusement offerte par Paul et un concours de celui qui ferait le plus de bruit en décapsulant sa bière que commence notre entretien, honnêtement que demander de plus? Peut être tout simplement le silence de la part des cigales…

1- Bonjour, qui dit vacances dit forcément festivals pour les groupes, pas trop dur d’être au travail quand tout le monde se repose ? Du stresse ?

Paul (Le Chanteur) : Bizarrement pas ou peu de stresse en tournée, c’est surement dû au fait que l’on ne se produit sur scène qu’en fin de semaine. On préfère que ça soit ainsi pour pouvoir passer un peu plus de temps avec nos familles, notre entourage mais au final lorsque tu fais le compte notre famille on ne la voit pas tellement… Après on ne va pas dire que c’est extrêmement dur notre métier d’autant plus qu’il y a une excellente entente au sein du groupe c’est juste que sur deux mois c’est un rythme qui à la longue est crevant. D’un autre côté nous n’avons pas à nous plaindre pour une groupe français nous marchons plutôt bien et arrivons à jouer dans de super endroits comme ici au Gaou. Mon père me disait toujours « Quand y a de la tune à prendre tu la prends » du coup moi je suis content de pouvoir jouer de partout surtout que peu de groupes français ont cette opportunité. Néanmoins il y a un truc qui est un peu chiant c’est que lorsque tu montes sur scène quoi qu’il se soit passé avant que tu montes tu te dois d’être au top, que tu te sois engueulé avec ta femme à 21h alors que t’as un show à 21h30 tu te dois d’être au top et ça quelque fois c’est un peu difficile mais bon c’est notre job.

2- Vous avez enregistré un single « Le jour de la mort de Johnny » qui malgré le fait qu’il ait rencontré un franc succès auprès du public a dû être retiré sur ordre de votre major. Subissez vous beaucoup de censure de la part de Warner ?

Paul : Non ce n’est pas de la censure, c’est différent, c’est juste que Warner n’avait pas envie de se faire chier à régler cette histoire et nous a donc demandé de retirer le morceau. Pour nous notre démarche était avant tout de rendre un hommage à Johnny et tout ce qu’il incarne. Il suffit d’écouter les paroles pour voir que nous n’avions en aucune façon l’intention de lui nuire. Cependant nous avons quand même le droit de la jouer sur scène du coup on ne s’en prive pas. Après il est vrai que sur le net ça a fait le buzz, par exemple sur notre site en à peine deux heures nous avons eu 400 000 visites mais là aussi ce n’était pas notre objectif. A la base ce morceau était un cadeau pour les fans pour les faire patienter avant l’album…

3- Donc vous ne regrettez pas la période où vous vous auto-produisiez?

Paul : Pas vraiment, en fait il y a deux raisons majeures à ce changement. La première c’est qu’il y a beaucoup de festivals comme les francofolies qui ne prennent les artistes que s’ils sont signés chez des gros labels. Il n y a pas de place pour les auto-productions, d’ailleurs c’est à peine s’ils prennent le temps d’écouter les démos que tu peux leur envoyer… La seconde c’était que de signer avec une major ça nous permettait d’être plus visible et surtout d’avoir des moyens derrières. Du coup on a eu une occasion avec Warner on l’a de suite saisie. Mais c’est plus par nécessité que par convictions.

4- On sait le groupe engagé ce n’est une nouvelle pour personne, quelles sont vos opinions vis à vis du projet de loi Hadopi ?

Nous sommes alors rejoint par Jean Marc le batteur du groupe

Jean Marc : Nous n’avons pas tous la même opinion sur la question, dans cette loi il y a de bons trucs et des trucs vraiment mauvais. Pour ma part je suis contre. Moi même je télécharge. Dans ma vision des choses un artiste musical, il doit avant tout vivre de la scène et malheureusement cette loi elle protège avant tout les « artistes » qui sortent des tonnes de cd de variété française mais ne font aucun concert où lorsqu’ils en font, ils sont en playback. Par contre je suis pour le téléchargement légal mais moins cher et avant tout baisser le prix du skeud physique 9 euro grand maximum et tout le monde s’y retrouverait parce qu’on vendrait des CD moins chers mais on en vendrait plus. Et surtout quand on se penche sur Hadopi il faut regarder la réalité en face, c’est complètement liberticide !

Paul : Moi aussi je suis contre. Je suis plus favorable au téléchargement intelligent, tu télécharges un CD et après s’il te plait bah là tu vas l’acheter. Enfin maintenant je ne télécharge plus étant donné que j’ai les moyens mais pas tout le monde n’a cette chance surtout quand tu vois le prix d’un cd… Honnêtement moi je préfère qu’un môme qui n’a pas d’argent me télécharge et puis qui sait après au lieu de payer 20 euro un cd il viendra nous voir en concert. Notre démarche c’est que nos concerts soient accessible au plus grand nombre.

5- En parlant de prix de places de concert, ce soir il y a environ 1000 places déjà vendues mais 27 euro ça fait quand même un peu cher non ?

Paul : Quoi ?! 27 € tu te fous de moi là? Tu m’étonnes qu’il n y ait que 1000 places de vendues…

Jean Marc : (Un peu énervé) Nan mais c’est n’importe quoi c’est deux fois trop cher !

Paul : C’est vrai que les places de concerts ça devient de plus en plus cher…Tout le monde s’étonne que l’industrie de la musique se casse la gueule mais si on prend le spectateur pour une vache à lait il va en avoir marre. Généralement en tournée on essaye de faire en sorte que les prix soient raisonnables.

6- Pas trop déçu d’avoir fini derrière Patricia Kaas à l’eurovision ? D’ailleurs l’aventure eurovision vécue par les Fatals Picards ça donne quoi ?

Jean Marc : Je préfère derrière que devant (rires)

Paul : Non car notre but ce n’était vraiment pas de faire un résultat. Nous avons pris cette opportunité plus comme un tremplin. Faut aussi avouer que l’on rêvait de voir sur un écran télé « Fatals Picards FRANCE ». Nous nous sommes vraiment amusés, nous avons été habillés par Jean Paul Gautier pour l’occasion, je crois que je portais un immonde pantalon rose, que j’ai toujours d’ailleurs. Non sincèrement ce fut une expérience vraiment amusante. Par contre on a eu plusieurs mauvais retours. Certaines personnes nous ont dit être déçues et attristées de voir les Fatals dans ce genre d’émission, certaines salles et même radio nous ont fermé la porte après cette expérience. Mais que veux tu notre truc à nous c’est la déconnade et malheureusement ça n’est pas toujours au goût de tout le monde…. C’est bien dommage d’être autant fermé d’esprit.

7- Bernard Lavilliers, Goldorak, Johnny, qui est la prochaine victimes? Sarko ou Pinochio ?

Voyant que l’on s’amuse plutôt bien au bord de la mer avec les chroniqueurs de Live In Marseille, Guigui le guitariste décide à son tour de rejoindre l’interview.

Les 3 en cœur: C’EST TOI !

Laurent : On devrait faire un groupe sur facebook où les gens décideraient qui sera la prochaine personne qui subira notre humour.

Paul : Non, ça sera surement Philippe Manoeuvre, lui il va manger… (petit sourire diabolique de la part de Paul)

Jean Marc : Mais est ce qu’il mérite qu’on lui fasse de la pub ce *** ?

Laurent : C’est le mec qui parle le plus sur nous mais qui n’est pas constructif pour deux sous et surtout qui parle sans savoir. Il a décidé que Fatals Picards ça ne rentrait pas dans ses critères de rockeur du coup il n’en démord pas. Pour lui on est des rigolos.

Jean Marc : Le pire après c’est qu’il nous critique sans fondement mais surtout qu’après sa femme vient nous voir et nous demande de devenir notre attaché de presse, si ce n’est pas se foutre de la gueule des gens ça!

Un peu énervé Jean Marc quitte la table

8- Récemment, une bande dessinée sur les Fatals Picards est sortie. Cependant on en parle peut pourquoi ?

Paul : En fait ce sont des fans qui ont décidé de faire ça. Nous n’y sommes pour rien cependant on trouve l’idée vraiment chouette d’ailleurs GuiGui les a un peu aidé sur le premier tome qui est sorti en juin dernier.

Laurent : Il faut bien préciser que ce n’est pas un produit dérivé des Fatals Picards.

Paul : Mais du coup on s’entraide, par exemple ils vendent leurs albums sur nos concerts et en même temps ils vendent des t shirt, des pulls bref ils font du merchandazing pour nous. Du coup tout le monde s’y retrouve.

Laurent : En tout cas c’est marrant parce que eux s’inspirent de nous et nous pour certaines chansons nous nous sommes inspirés de BD.

9- Du nord au sud en passant de l’est à l’ouest, les Fatals Picards font partis de ces rares groupes français qui ont les moyens de sillonner la France entière comment ça s’est passé ?

Laurent : Au début on ne tournait que dans le Nord de la France, à Paris, à Lille et naturellement en Picardie.

Paul : Hop je t’interromps deux secondes car ça me fait penser à un truc. Lorsque l’on a fait la tournée pour « Indepenzia Picardie » donc essentiellement dans le nord à cette époque là on a vu nos chansons détournées de leur sens. On avait des mecs qui pensaient vraiment que nous étions pour l’indépendance de la Picardie, alors qu’ils n’avaient pas du tout compris que l’indépendance elle ne durait que 27 minutes dans le concert. Du coup lorsqu’on a vu qu’une partie du public avait certaines idées sur le groupe nous avons décidé de changer totalement de direction afin d’éviter tout contre sens. Du coup au début surtout entre Nord/Sud c’était une ambiance vraiment différente qu’il y avait. Maintenant ce n’est plus pareil, nous sommes aussi bien accueillis dans le Nord que dans le Sud et surtout on ne prend plus les Fatals Picards pour ce qu’ils ne sont pas !

10- Pour finir, qu’est ce qui d’après vous fait le succès du groupe ?

Laurent : Notre déconnade

Paul : Le fait que nos chansons aillent sont pour un public de 7 à 77 ans.

Laurent : Peut être aussi que c’est parce que nous n’avons pas un son Fatals Picard mais bien plusieurs styles ce qui nous permet de toucher un public plus large.

Paul : Et il ne faut pas oublier que c’est parce qu’aussi nous sommes des mecs cool.

Ce n’est en tout cas pas moi qui dirait le contraire. Après environ une heure d’échange le groupe doit aller se ravitailler avant d’entrer sur scène. Une petite séance photo, deux trois boutades, une dernière poignée de mains et nous quittons notre petite terrasse dans la pinède avec vue sur la plage. En résumé c’est une interview sincère, sans non dit ou gêne que nous auront offert les Fatals Picards. Quoi que puisse en dire Philippe Manœuvre, en plus d’être un bon groupe les Fatals Picards sont vraiment sympathiques et n’ont pas peur de se montrer proches des gens. Un comportement qui devrait servir d’exemple à de nombreux groupes, français ou étrangers…


- Boby -

Merci à Virginie, Paul, Jean Marc et Laurent.

Myspace des Fatals Picards : www.myspace.com/fatalspicards


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Edited: juillet 28th, 2009

Festival Voix du Gaou : Fatals Picards + Asian Dub Foundation – Six Fours – 24/07/09

Festival Voix du Gaou : Fatals Picards + Asian Dub Foundation – Six Fours – 24/07/09

L’avantage d’arriver en avance sur les festivals c’est que des fois il est possible d’assister aux balances. Il est donc 17 heure lorsque nous nous rendons aux balances. Il fait 35 degrés à l’ombre, il n’y a pas d’ombre… Finalement, une fois les balances des Fatals Picards finies, nous trouvons refuge dans la pinède « Backstage » pour y interviewer le groupe. Quelques bières plus tard il est temps d’aller se placer pour le concert. Pas question de rater une seule seconde du show que donneront dans quelques heures les membres du groupe phare de la scène asian beat, Asian Dub Foundation. En attendant ce sont les Fatals Picards qui montent sur scène.

Verre de sky en main les quatre picards parisiens rentrent en scène. Paul le chanteur introduit le concert par un bref discours, « Ce soir concert interactif ! Toi public tu vas faire parti entière de notre concert. ». Le but est simple, s’amuser. Trois, quatre les cœurs de « Française des jeux » retentissent dans la pinède. Le public se prend vite au jeu, les premiers rangs sautillent, un peu plus loin ceux qui ne veulent pas rentrer dans les pogos reprennent les refrains le tout dans une ambiance bonne enfant drainée par les boutades et mises en scène des Fatals. Entre chaque morceau, une petite histoire sert de préambule, une fois pour se moquer des bourgeois, une autre pour dénigrer Jenn, la chanteuse du groupe Superbus. L’humour, même s’ il ne s’avère pas toujours très subtil n’en reste pas moins plaisant et amuse la quasi totalité de l’auditoire. Il ne fait nul doute que si la musique n’avait pas marché pour le quatuor, ils auraient pu faire carrière dans un one man show à quatre. Pour en revenir à la musique, ce qui fait avant tout le succès des Fatals Picards c’est d’avoir un son populaire qui séduit le plus grand nombre. Qu’il s’agisse de « l’histoire d’une meuf » ou de « seul et célibataire » tout le monde y trouve son compte. Entre deux chansons Paul se joue du public « Quoi? Tu ne connais pas le Ché ? Tu sais le mec qui vend plein de sacs, de serviettes… ». Bien que les FP soient connus et réputés pour leur goût prononcé pour la déconnade certaines chansons ont un message qui va bien au delà du simple aspect humoristique. Compilé dans les 22 minutes pour les chansons de gauche, le groupe interprète « Canal Saint Martin » un émouvant titre racontant le combat des Enfants de Don Quichotte en faveur des sans abris. Ce côté engagé, les Fatals le développent depuis leur début, quelques années plus tard la notoriété en plus il est toujours agréable de voir les convictions du groupe intactes. Changement radical de décor avec « Le jour de la mort de Johnny », bien loin d’une ambiance d’enterrement et alors que le morceau a été interdit de diffusion la majorité de l’assemblée chantonne. Avec des solos de la mort qui tue, sur plateau, les musiciens ne semblent pas s’ennuyer non plus.Peu à peu la scène se transforme en club échangiste, le batteur devient chanteur le temps d’une chanson, le guitariste bassiste, le bassiste guitariste, le chanteur guitariste… Bref on a du mal à s’y retrouver. Finalement la formation revient à la normale pour le dernier morceau « Partenaire Particulier ». « On devait faire un rappel mais on n’ a pas le temps » du coup au lieu de faire mine de partir pour mieux revenir les Fatals Picards remercient leur équipe, l’orga du festival et tout naturellement le public avant d’entamer le dernier morceau. En tout cas il ne fait nul doute que les membres d’Asian Dub seront contents, les Fatals laissent derrière eux un public chaud comme la braise.

Histoire de ne pas faire tomber l’ambiance durant le changement de plateau un DJ s’installe. Malheureusement pour lui un de ses platines est cassée du coup c’est « à l’ancienne (à prononcer avec un accent du sud très appuyé)» qu’il décide d’opérer. Par conséquent le résultat et moyen. De l’autre côté de la scène, Laurent le guitariste des Fatals Picards va à la rencontre du public, de la mamie, au petit fils tout le monde vient congratuler le groupe pour sa bonne prestation. Du coup moi aussi j’ai envie de dire mon petit mot (même si j’ai déjà eu l’occasion de lui parler plus tôt dans dans la journée pour une interview). A peine le temps de glisser trois mots, que la pinède est plongé dans la pénombre.

Le concert tant attendu est sur le point de commencer, il faut dire qu’Asian Dub Foundation ce n’est pas rien d’ailleurs je suis étonné que le show se déroule sur la petite scène, surement que le groupe ne doit pas être assez « fédérateur ». En tout pour l’occasion même les cigales se sont tues. Seule une lumière bleue éclaire le mixeur et le percussionniste du groupe. Dans le public, tout le monde s’attroupe pour être au plus prés. La tension est palpable soudain le reste du groupe arrive, les lumières nous éblouissent. C’est parti pour 1h30 de folie et c’est peu dire il y a tellement de mouvements de foule que la sécurité (un peu agressive) intervient à chaque morceau. Les chansons s’enchainent, « Target Practice » qui est à mon sens l’un des meilleurs morceau du dernier album électrise littéralement le public. A l’inverse de « Speed of Light » plus calme et posée transportant le spectateur directement en Inde. Quoi qu’il en soit le concert commence sur les chapeaux de roues, un public conquis, des musiciens qui s’en donnent à cœur joie, bref pas d’ombre au tableau jusqu’au moment où… le noir total, coupure de courant. Les voisins en auraient ils marre du bruit ? Apriori ce sont seulement quelques fusibles, sur le plateau on ne comprend pas de suite, puis la déception laisse place à des sourires pendant que les roadies essayent de remettre la machine en marche. Finalement en un temps record le courant revient, dans le public c’est l’effervescence d’autant plus que ce sont les premières notes de « Flyover » qui sont jouées. ADF revient donc de plus belle. Le temps d’une chanson le DJ lâche même ses platines pour s’adonner à un mélange de breakdance et danse traditionnelle hindou ce qui lui vaut des tonnerres d’applaudissements. Lorsqu’ils ne chantent pas ensemble, les deux MC se succèdent au micro, tous deux parlent au public, explique brièvement de quoi parlent les morceaux. Même si ce sont majoritairement des morceaux de Punkara, le dernier album, qui sont joués, ADF n’oublie pas de glisser quelques incontournables à l’image de « OIL ». Dans un français farouchement anglais le guitariste qui se déchaine depuis le début sur la petite scène s’exprime pour la première fois « Nous voulons votre pétrole ! », ses yeux sortent presque de leur orbite, la langue tirée, il commence à bondir de partout, mécaniquement le public le suit. Pendant ce temps les 2 MC crient « WE WANT YOUR OIL ». Simultanément Pritpal Rajput (dit Cyber), l’immense percussionniste du gabarit d’un catcheur s’avance et martèle de toute ses forces son dohol (sorte de gros tambour, instrument typiquement indien). Un fois le morceau fini, tout le monde se retire, automatiquement le public en redemande. Asian Dub ne se fait pas attendre. « Ce morceau est contre les fachistes de France, contre les fachistes d’Angleterre, contre les fachistes de l’Europe… », bref contre les fachistes du monde entier, ce n’est une surprise pour personne Asian Dub Foundation est un groupe engagé et ne s’en cache pas, d’ailleurs difficile de le faire avec des textes parlant d’altermondialisme ou encore d’antifascisme comme c’est le cas avec le dernier morceau « Fortress Europe ». Respect du public oblige, le groupe remercie une dernière fois le public venu pas si nombreux que ça finalement et laisse place au DJ qui ayant retrouvé une platine ne joue plus « à l’ancienne ».

Malgré la chaleur, les insupportables cigales, la coupure de courant, cette 7éme journée du festival des Voix du Gaou aura été un succès. Qu’il s’agisse du rock parodique des Fatals Picards ou du Rock, Bhangra, Ragga, Jungle, Drum&Bass, engagé, d’Asian Dub Foundation le public aura été conquis. Cependant pour mon deuxième concert ADF je constate avec stupeur quelque chose d’horrible, le temps passe vite dans leur concert, trop vite…

    - Boby -

Myspace des Fatals Picards : www.myspace.com/fatalspicards

Myspace Asian Dub Foundation : www.myspace.com/asiandubfoundationuk


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Edited: juillet 28th, 2009