Fête de l’Humanité – La Courneuve: Cafe Vista Alegre, Maxime Le Forestier, Les Wampas, Arthur H, The Kooks, Deep Purple – 12/09/09 – Jour 2


Après une nuit des plus mouvementée au camping, un Djembéman qui joue mal, un départ d’incendie et le froid commun à Paris, c’est par un débat sur Jaurès que cette seconde journée sur la planète Humanité commence.

« Qui a les plus grosses maracas ? »

Pas grand monde pour le rendez vous cubain de la semaine. Il faut dire que Cafe Vista Alegre ne fait pas figure de tête d’affiche. Cependant après un bon petit repas kebab-guiness, pour la sieste de 14h, la musique cubaine il n y a rien de mieux. Maracas en main, sourire jusqu’ aux oreilles, le chanteur qui, rapidement est rejoint par une jeune chanteuse, semble vraiment dans son élément. Il faut dire qu’un cubain à la fête de l’huma, cela relève de l’euphémisme. Néanmoins aprés une demie heure de spectacle, le show devient quelque peu rébarbatif bien que plaisant.

« L’intrus de la Fête »

On savait que Radio France était partenaire de la Fête de l’Humanité mais jamais on ne m’avait prévenu que Nostalgie était aussi de la partie, c’est sans doute pour ça que je fus étonné de voir Maxime le Forestier sur cette scène d’autant plus depuis son léger retournement de veste sur le débat relatif à la loi HADOPI. Il était donc risqué de venir se produire ici, tomates ou applaudissements à l’entrée de l’artiste ? Finalement ni l’un ni l’autre, sur l’ensemble de l’assemblée tout juste un quart remarque la présence de l’artiste. Qu’il joue ou pas pour la majorité du public ça ne fait pas grande différence. Tant les cubains de Cafe Vista Alegre étaient parfaits pour faire passer la digestion du midi, tant Maxime ne fait pas passer grand-chose à travers son concert. Heureusement la fête de l’Humanité ne se résume pas seulement au concert, après avoir tenu péniblement 4 morceaux c’est sur les expositions photos que je me retranche.


Mais en chemin, c’est une curieuse rencontre que finalement je fais. Un paradoxe, une énigme, bref un ministre de la majorité présidentiel, celui de la culture, Mr.Mitterand, pas celui qui est décédé, l’autre. Accueilli par les huées, les cris et les insultes, le principal intéressé se défend comme il peut. D’un côté il explique que sa présence est légitime en tant que ministre de la culture, ce qui est pour le moins normal, seulement de l’autre côté le ministre défend ouvertement son ami Hortefeux devant des militants exacerbés, de surcroit, le ministre se fait rapidement expédier de la fête. De son côté Maxime sans escarmouche termine son set. Cependant de Frédéric ou Maxime difficile de dire qui était vraiment l’intrus de la Fête…

« Ce soir les Wampas ont inventé le Rock pour vous mes chéris ! »

17h40, un soleil presque de plomb, des effluves de transpiration d’adolescents et un costume rouge, panoplie d’un véritable coco, celle de Didier Wampas.. Après une petite musique d’introduction (celle du catcheur l’Undertaker, pour les connaisseurs), les 5 yéyés punks rentrent sur scène entamant in media res leur set. La masse compacte saute sur les riffs enjoués du groupe. Après «  Aquarium Tactile  » Immersion totale dans l’ambiance de la Fête, du costume aux petites phrases clin d’œil comme « Reviens G. Marchais « , les Wampas ne s’impliquent pas qu’à moitié. A tel point que c’est une jeune militante qui sert de pied micro le temps d’une chanson. Dans l’univers des Wampas entre punk brut et le kitch il n’y a qu’un pas, du coup coup de plus normal que de chanter «  Macho Man  » ou «  Où sont les femmes » en plein milieux de set ? C’est un peu la marque de fabrique du groupe.
Lorsque Didier n’est pas sur scène, il est dans le public, sur le dos, sur le ventre, sur une chaise. Même si la fête est sous l’égide de la faucille et du marteau, il ne faut pas négliger un détail, Didier Wampas est le roi, et c’est en tant que tel que le Roi se fait installer un trône de fortune (quelques caisses en bois) sur scène. Du haut de son perchoir les communistes sont à ses pieds et c’est peu dire, tous scandent »Didier Wampas est le Roi « . Ce que des gouvernements entiers ont essayé de faire durant des années et années, Didier Wampas l’a réalisé en tout juste une demi-heure. Sa majesté nous gratifie d’ailleurs d’un set list vraiment hétérogène, des titres du nouvel album, des anciens et bien sur l’incontournable « Porte feuille de Manu Chao  » qui électrise un public déjà survolté. Le ridicule ne tue, les Wampas l’ont prouvé à maintes reprises, après l’immonde costume rouge, Didier prend une guitare Hello Kitty et se coiffe non pas d’une couronne mais d’un immonde plot orange de signalisation, généreusement offert par le public.

Maintenant couronné, Didier s’adresse à son peuple «  Ce soir les Wampas ont inventé le Rock pour vous mes chéris ! KISS, KISs, KIss, Kiss, kiss… « , Après avoir embrassé quelques personnes du public, c’est au tour des personnes à mobilité réduite de se faire embrasser par le Roi. Avec les mouvements de foule un épais panache de poussière s’installe devant la grande scène, même s’il est difficile d’y voir, il n’est pas pour autant dur de remarquer que la fosse est déjà pleine. Il n’y a pas de problème, il n’y a que des solutions, afin de remédier à la surpopulation dans le public Didier invite –pour son plus grand plaisir- les demoiselles du public sur scène. C’est alors qu’une nuée de jeunes groupies déferlent sur la grande scène. Ca se trémousse, ça danse pour les plus osées ça embrasse même les membres du groupe. De quoi ravir les Wampas qui terminent sous des tonnerres d’applaudissements et des milliers de baisers.

« I want to FLUCK with Madonna »

J’apprécie le père, j’idolâtre la sœur, mais le frère j’avoue ne pas vraiment le connaitre. En tout cas le public est au rendez vous, -même si les premiers rangs sont déjà essentiellement occupés par les jeunes groupies des Kooks-. Entrée sans fioriture sur scène, pas de décors, un univers très sombre un seul élément contraste avec l’ensemble uniforme, la charmante pianiste à tête blonde du groupe. Cette année les programmateurs n’ont, semble t il pas peur de jouer avec le feu, il n’y a pas que Maxime Le Forestier qui soit pro Hadopi, Arthur H l’est aussi. Du coup s’exposer sur une scène aussi politisée que celle de l’Huma peut se révéler risqué, heureusement pour l’artiste Mitterand et les Wampas sont passés avant ce qui a quelque peu calmé les foules. Arthur H débute avec « Est-ce que tu aimes « , initialement ce morceau est un duo avec -M-, sans ce dernier cette version est quelque peu fade. Heureusement Higelin fils se rattrape avec «  Dancing with Madonna  » qu’il transforme en plein milieu en « FLUCKING with Madonna », flucking car fucking est trop vulgaire pour celui qui se décrit comme un « poélitique », amis de la poésie, bonjour. Après plus de cinq heures de concert ma gorge est un peu sèche du coup la Guiness m’appelle, et entre cette délicieuse boisson et Arthur H il n’y a pas photo, même si le set n’est pas fini je déserte –sans grand regret- la grande scène en faveur du stand Irlandais du Village Monde. Pour conclure, tant je serai prêt à défendre qu’avant d’être la fille de… Izïa se révèle être une perle musicale, un bijou, tant pour Arthur H il me serait plus difficile d’en dire autant…

«  We love you »

Un groupe pop british juste avant une tête d’affiche de légende, c’est un peu une coutume sur la grande scène de la fête de l’Huma que de retrouver ce genre de programmation. Après Razorlight, Babyshambles,il était on ne peut plus normal de retrouver les anglais de The Kooks au parc du bourget. Autant dire que tous les préadolescents boutonneux s’étaient donné rendez-vous. D’ailleurs dans les premiers rangs la tension est palpable à tel point qu’au moment où le groupe débarque sur scène ce sont tous les photographes/journalistes qui se sont soudain retrouvés sourds. Somptueux amalgame de Rock, Folk, Pop il faut reconnaitre que ces quatre dandys là ont une toute autre classe que certains groupes français qui essayent –tant bien que mal- de percer dans le milieux à l’image des bb brunes pour ne citer qu’eux. Pas le temps de s’ennuyer, les titres s’enchainent rapidement, peut être même trop. Il est d’ailleurs regrettable que le chanteur fasse plus attention aux groupies du premier rang plutôt qu’à l’ensemble du public, comme dirait les plus sages, c’est de leur âge. En tout cas le public ne semble pas leur en tenir rigueur, envouté par «  Ooh la  » ou encore le magnifique «  Sway « , difficile de faire autrement.D’un titre à l’autre l’atmosphère change, mais l’énergie débordante du groupe reste.


Les bambins –qu’ils sont- se déchainent sur scène, à droite à gauche, c’est à s’en demander comment le chanteur trouve le temps de réciter ses paroles. Qu’il s’agisse de morceaux du premier album ou du dernier, les fans sont là et comptent bien le faire savoir, pas un refrain n’est oublié, pas une parole ne manque, ces textes ils les connaissent par cœur, plus qu’un simple groupe de rock, les Kooks semblent être en seulement deux albums devenus des icones incontournables de la musique pop anglaise. Même si les prises de paroles se font rares, avec des morceaux comme «  Naïve », « See The Sun » ou « Stormy Weather « , difficile de résister au charme, à la classe et au rock du quatuor britannique.

« You are magical !  »

Quelle mouche a bien pu me piquer ? Pourquoi suis-je sorti de l’espace pro pour aller dans la fosse ? Si ce n’est pas le pandémonium ça y ressemble bien. Le réel manque de place se fait ressentir, tous les 10 mètres un malaise, pas assez de place devant la scène, le public littéralement écrasé contre les barrières et même des personnes à mobilité réduite renversées !  Pour avoir la chance d’apercevoir la légende Deep Purple, pas le choix, c’est chacun pour sa peau.  Puis le moment tant attendu arrive enfin, sans déambulateur  les papys purple débarquent sur scène. L’un coiffé d’un bandana retenant ses cheveux grisonnants, l’autre les pieds nus, le troisième, collier de vraies fausses dents de crocodile autour du cou, le quatrième à la coiffure estudiantine, quant au dernier il choisit la facilité, caché derrière ses futs pas évident de le voir.  S’ils ont un physique de vieux l’attitude est tout autre. Le risque avec les grands groupes qui décident de faire une gérontho-tournée c’est souvent d’être de décevoir le public avec un show mollasson et des capacités n’égalant pas celle du bon vieux temps.

Sur ce point là il faut avouer que Deep Purple n’aura pas déçu, même si, il faut l’avouer, les performances vocales de Gillan –le chanteur- n’étaient pas toujours au top, surtout au début du premier morceau,« Highway Star ».  Fort heureusement, une fois chaud, plus de défaillance de la part de Gillan, d’ailleurs à en juger ses expressions de visages, on le croirait presque surpris du monde présent. En tout cas une chose est sure, sur scène, Deep Purple prend vraiment du plaisir, le sourire jusqu’aux lèvres, le but est clair, passer une super soirée. Les performances instrumentales sont elles aussi irréprochables entre les solos de guitare de la mort qui tue et les impros au clavier, le public en aura eu largement pour son argent. Avant que ne vienne le très attendu « Smoke On The Water », Don Airey – qui est au clavier- nous gratifie de tout son talent avec un petit medley alliant classique, swing, la chansonnette « Alouette je te plumerai… » Et même l’hymne française avant d’enfin finir sur la fameuse intro de ce fameux morceau. Autant dire que dans le public c’est l’euphorie atteint son paroxysme.  « You are magical », c’est sur ces mots que Deep Purple se retire de scène.  Le quintet se fait un peu attendre avant de revenir en force avec « Hush » et «Black Night ».

Les charlots chantaient « Merci Patrons », aujourd’hui j’aurais bien chanté « Merci l’Huma ».  Programmation avec ses hauts et ses bas mais programmation de qualité et surtout à moindre coup. Seul problème, une fois de plus la sécurité, je ne compte plus les fois où j’ai failli me faire piétiner. Peut être que la fête devrait penser à déménager car, si ce n’est pas encore le cas, la Fête de l’Huma est en voie d’être le plus gros festival européens, soyez en assurez.

-          Boby -

PHOTOS DU CONCERT DISPONIBLES DANS “GALLERY”(en haut à droite)

ARTICLE DISPONIBLE SUR LIVE IN MARSEILLE

Image Hosted by ImageShack.us

Edited: septembre 24th, 2009

Fête de l’Humanité – La Courneuve: Cocoon, Keziah Jones, Manu Chao – 11/09/09 – Jour 1


S’il  y a bien un rendez vous qui peut être qualifié de rendez vous du peuple, il n’y a aucun doute qu’il s’agisse de la Fête de l’Humanité. Pour sa 74 éme édition la Fête était, une fois de plus, à la hauteur des espérances, tant sur le plan musical que sur le plan politique. Il faut dire qu’avec un prix ne dépassant pas les 20€, une programmation regroupant des artistes internationaux ainsi que des débats au cœur des préoccupations actuelles, la Fête de l’Huma est l’événement à marquer d’une croix rouge sur le calendrier.

« On va tous simuler un orgasme ensemble »

Il est 18h30 lorsqu’à la surprise générale Cocoon débarque sur la grande scène, initialement prévu le samedi il semblerait que le duo français ait échangé de créneau avec les Wampas.  Ce n’est donc que partie remise pour Didier notre roi à tous. Sur un simple bonjour le concert commence. Lui à la guitare, elle au piano, chacun dans son coin essaye d’occuper tant bien que mal la scène. Il n’est jamais évident d’ouvrir pour un festival, les gens sont peu attentifs, la plupart du temps mous et  malheureusement ce ne sera pas Cocoon qui fera monter l’ambiance  malgré plusieurs tentatives vaines. On pourrait penser qu’au moment de  « Chupee » ou encore « On my way » l’ambiance aurait pu remonter seulement le triste constat qui en est tiré, est que sur scène on bouge plus que dans le public à tel point que certaines personnes préfèrent trouver refuge dans le stand-bar le plus proche. Pour ma part, je laisse le temps à Cocoon pour montrer l’étendue de leur talent, seulement, après tout juste 40 minutes de set le groupe se retire. Du coup pas de seconde chance pour le duo qui me laisse sur ma faim. Il est certain qu’en festival les sets ne sont pas programmés comme pour un concert anodin mais de là à jouer 40 minutes, c’est léger, trop léger.

« Rythme is Love »

Changement radical d’ambiance au moment où Keziah Jones, accompagné d’un bassiste et un batteur, rentre sur scène.  Tout sourire Mister Jones prend sa guitare et sans plus attendre entame son set. Presque étonné par la foule présente, KJ n’en perd pas ses bonnes manières et accueille chaleureusement son public, et c’est peu dire, à la fin du troisième morceau KJ enlève son haut suscitant les petits cris des demoiselles composant le public. Au niveau de l’ambiance rien à voir avec Cocoon,  le public reprend fièrement les refrains. Entre deux chansons, le poing levé (fête de l’Huma oblige), Keziah Jones fait un discours en français assez incompréhensible parlant de liberté et d’amour.  S’en suit une douce ballade. En plus d’être bon guitariste, Jones est un excellent bassiste, en quelques minutes il l’aura démontré à l’assemblée s’emparant d’une basse  avant de se retirer de scène. Il n’aura pas fallu beaucoup d’effort de la part du public pour que ce dernier revienne. A l’image de Ben Harper, Keziah prend sa guitare qu’il allonge afin de pouvoir jouer tout en faisant du tamtam. Comme un hommage à Hendrix le groupe reprend « All Along The Watchtower »,« Rythim is Love » s’en suit illico presto. Le titre dure et s’achève sur une òla dirigée par le batteur, devançant le départ du groupe.

« La vie est belle, le monde pourri »

Pour le dernier concert de la grande scène difficile d’accéder sur les lieux. Chose peu étonnante concernant Manu Chao et la Radio Bemba.  Le concert n’a pas encore commencé que le public est déjà compressé contre les barrières de sécurité. Il me semble ne jamais avoir vu la grande scène aussi noire de monde. Les lumières s’allument, tout le monde hurle, il faut dire que Manu Chao n’est pas venu depuis longtemps à la Fête de l’Huma et qu’il est très attendu. Casquette sur la tête, guitare en main, le show commence fort avec « Me Gusta » repris en cœur par l’ensemble du public et « Politik Kills ». Avec l’énergie d’un môme de 10 ans, Manu saute partout sur scène, légèrement surpris par le monde présent il ne cesse de remercier les personnes qui ont fait le déplacement.  Avec la foule présente, impossible de rejoindre la fosse, le public ne forme plus qu’une masse compacte et homogène. Afin de dissimuler un problème technique Manu remercie pour la énième fois le public et retire sa chemise avant d’entamer « Clandestino ». Accueilli par des  tonnerres d’applaudissements, il va sans dire que l’ambiance qui semblait déjà avoir atteint son apogée augmente encore un peu plus, lorsque ce n’est pas le public qui s’amuse à slammer c’est une tente qui se monte en deux secondes qui joue  les acrobates. Bien que Manu se produise avec la Radio Bemba il n’en oublie pas pour autant la longue époque passée avec la Mano Negra, micro sur le cœur qu’il tape de plus en plus fort simulant les battements de l’organe, ainsi commence  « Mala Vida ».

Ce n’est un secret pour personne le Manu Chao musicien est indissociable du Manu Chao politicohumain, c’est donc comme tel  que ce dernier interrompt le concert pour faire monter sur scène des représentants du peuple sahraouie brandissant fièrement un drapeau du Sahara Occidental, ainsi qu’une militante afin de sensibiliser le public à cette cause que peu connaissent (conflit mêlant le Maroc, l’Algerie, et le Sahara Occidental). S’ensuivent de vifs remerciements de la part des militants au groupe ; « Merci à Manu, à sa solidarité, à vous Fête de l’Huma, Merci ». Laissant sur scène le drapeau, seul témoin du passage de ces militants, le concert reprend de plus belle avec « Machine Gun », un autre titre de la Mano. Même lorsque Manu lâche sa guitare au profil d’une caisse claire les foules restent galvanisées, plus de 90 000 personnes s’entassent, se montent dessus, pour essayer de profiter au mieux d’un des plus merveilleux concerts qui ait été donné sur scène grande scène depuis des années. Entre chaque titre une petite dédicace de la part de l’ex leader de la Mano Negra « Merci Paris, avant de partir une petite dédicace à tous ces politiciens qui nous mentent ! ». Comble de l’ironie le groupe reprend à sa sauce le thème des Temps Modernes, avant de finalement se retirer en ajoutant « La vie est belle, le monde pourri »

Malgré un début de soirée plutôt mou, à la façon d’un pyromane, Manu Chao, accompagné de la Radio Bemba, a su embraser la grande scène.  Ce n’est pas que Cocoon ou Keziah Jones n’étaient pas à la hauteur, c’est juste que Manu Chao est l’un des plus gros monuments du Rock français, et que cette réputation qui se confirme toujours un peu plus à chaque représentation. Néanmoins il est regrettable qu’une partie du public n’ait pas pu profiter pleinement du spectacle à cause du manque de place, la Fête de l’Huma serait elle victime de son succès ?

- Boby -

PHOTOS DU CONCERT DISPONIBLES DANS “GALLERY”(en haut à droite)

ARTICLE DISPONIBLE SUR LIVE IN MARSEILLE

Image Hosted by ImageShack.us

Edited: septembre 18th, 2009

Festival Woodstower – 29/08/09 Day02 : Zahra Hindi + Herman dune + Tricky + Peaches + André Duracell


Après une nuit glaciale dans la toundra lyonnaise, une heure de galère pour trouver la navette pour Lyon et une petite balade dans le village artisanal, nous voilà de retour au Woodstower Festival. Pour ce deuxième jour, le moins qu’on puisse dire c’est que les organisateurs ont mis le paquet, Tricky, Peaches, et même des petits fours à l’espace pro accompagnés de ponch.

Arrivés en retard pour pouvoir apprécier le quatuor composant Max Tundra, nous nous rattrapons finalement sur Hindi Zahra, jeune chanteuse aux influences orientales. Ambiance minimaliste et intimiste, c’est sur un simple « Bonjour » que tout commence. Il faut avouer que dés la première chanson, la mélancolieuse voix d’Hindi envoute l’assemblée. A la frontière du psychédélisme, les danses entreprises par la jeune demoiselle convertissent les derniers incertains.

La jeune chanteuse peut se féliciter d’avoir attiré un public nombreux, pas spécialement démonstratif mais en tout cas réceptif. Les morceaux se succèdent, bien qu’un peu répétitifs ces derniers ne manquent pas d’installer une ambiance zen et relaxante.

Dans un tout autre registre, c’est Herman Dune seul qui prend le relais sur l’immense scène du lac, qui, pour le coup, parait bien vide. Pas de fioriture, tout juste quelques spots lumineux. Herman se tient seul avec sa guitare face à quelques milliers de spectateurs. J’avoue que j’étais curieux de découvrir le personnage mais j’ai rapidement été déçu, pas que le spectacle était mauvais mais plutôt que l’ambiance ne décollait pas, Herman peinait à faire partager son univers. Néanmoins je suis convaincu que ce dernier doit être parfait dans une salle plus intime qu’une grande scène de festival.

Finalement ce n’est que lorsque le deuxième frère Dune ainsi qu’un autre membre du groupe rejoignent le plateau que le spectacle décolle enfin. En l’espace d’une chanson l’ambiance change considérablement, le public commence à se déhancher, taper dans les mains, bouger la tête et même parfois reprendre les refrains. Ce regain de puissance est il suffisant pour faire oublier un début longuet ? Il semblerait bien puisque ma mémoire n’en retient vraiment que les derniers morceaux. Une chance pour Herman Dune.

Pendant que les road’s s’activent pour le changement de plateau, c’est en plein milieux du festival que André Duracell, plus remonté qu’une pile se déchaine sur sa batterie. Du haut de sa mini tourelle, qui d’ailleurs fait un peu penser à celle d’Angus Young, Andrew dit André reprend et remixe des sons de jeux vintage mais aussi du Bach. En résumé un univers bien enflammé que nous propose là l’allumé André. Rien de tel avant de passer à Tricky.

Serait ce vraiment utile de présenter Tricky ? Tête d’affiche de cette seconde et dernière soirée du Woodstower, le prince du Trip Hop comme on aime à l’appeler est depuis le début de l’été présent sur bon nombre de festivals à l’image des Eurockéennes. Pour en revenir au spectacle c’est dans la pénombre la plus total que Tricky arrive sur scène. Dans le jeu d’ombre son perfecto et ses petites dread se dessinent

Après une longue introduction musicale la voix retentit dans la plaine lyonnaise. A ce moment je me demande si le régisseur son est présent ou tout simplement sourd, l’instrumental étant très fort la voix de Tricky peine à s’imposer, fort heureusement après quatre cinq chansons le tir est rectifié. Pour avoir longuement écouté l’artiste sur support CD je le trouvais plaisant mais en live il faut avouer qu’il est surprenant. Pas une minute de répit, lorsqu’il n’est pas derrière son micro à faire bouger la tête si se retrouve entrain de slamer dans le public. Beaucoup de morceau du dernier album sont joués comme « Excess » ou « Girls« . En plus de fournir un spectacle de qualité Tricky n’en oublie pas pour autant son public avec lequel il s’entretient souvent. C’est donc un grand plaisir que de voir un artiste si soucieux de son spectacle mais aussi de son public, on est bien loin des artistes qui prennent les spectateurs pour des vaches à lait.

J’aurais tendance à dire que Tricky incarne parfaitement la philosophie que la musique devrait respecter, celle d’être vectrice d’échanges, simplicité et respect. La musique est tellement entrainante que rapidement la froideur qui commençait à s’installer déguerpie aussi tôt. Tricky qui au début torse nu me donnait des frissons me donne maintenant envie de tomber le polo malgré la grippe A qui n’est pas très loin. Le public est vraiment subjugué, comment ne pas l’être ? L’univers que nous fait explorer le groupe est tout simplement merveilleux cependant toutes les bonnes choses ont une fin on nous le dit assez souvent et c’est pourquoi une fois de plus ce célèbre proverbe se vérifie puisqu’après de chaleureux remerciements Tricky quitte la scène.

C’est bien connu, Duracell dure deux fois plus que les autres piles alcalines. Ainsi il n’est pas vraiment étonnant de retrouver une seconde fois André et sa batterie sur la mini tourelle juste avant Peaches.

Pour être franc je ne connaissais pas du tout Peaches (Oui je sais, honte à moi) du coup en voyant l’accoutrement des quelques férus de la canadienne je m’attendais à tout. A tout ? Enfin presque, j’avoue que je fuis surpris lorsqu’en introduction ce fut le générique de l’Agence Tout Risque entama ce set des plus intéressants. Sur le plateau on distingue deux hurluberlus se déambuler. Soudain une espèce de pèche rose débarque, micro en main, il ne fait aucun doute, il s’agit bel et bien de Peaches
Accompagné d’un pianiste, d’un batteur c’est surtout Safy, la guitariste qui retient l’attention du plus grand nombre, son porte jarretelle doit y être certainement pour quelque chose. Au deuxième morceau le masque tombe, le costume aussi, l’enrobage pêche laisse place à un costume qui rendrait jaloux un arlequin. Le spectacle est réglé à la minute prêt du coup le manque de spontanéité est quelque peu regretté. Mais lorsque que la jeune vieille canadienne se jette sur scène tout est calculé.

Néanmoins la mise en scène est agréable et plutôt amusante, peignoir, piercing au clitoris qui éclaire la scène, si Tricky est le prince du Trip Hop il ne fait aucun doute que Peaches et la reine de l’électrotrash. On en revient même à se demander si ce personnage tout droit sorti de l’émission Tracks est vraiment canadienne. Il faut dire qu’il y a un fossé entre Céline Dion et cette dernière. Même si elle ne fait pas l’unanimité, Peaches est pour moi la grande découverte de ce festival, un seul regret ; ne pas l’avoir connue plus tôt.

Ces deux jours au Woodstower sont un peu comme un gros bol d’air avant la dure reprise. Allant de découvertes en découvertes c’est vraiment avec le sourire jusqu’aux oreilles que je retourne dans ma petite campagne provençale. En tout cas si le festival pérennise son désire de fournir une programmation toujours autant éclectique il est sure qu’en 2010 je serai de la partie !

- BOBY -

Plus de photos sur : http://www.flickr.com/photos/boby_allin/sets/72157622209577304/

PHOTOS DU CONCERT DISPONIBLES DANS “GALLERY”(en haut à droite)

ARTICLE DISPONIBLE SUR LIVE IN MARSEILLE : http://www.concertandco.com/ville/lyon/festival-woodstower-herman-dune-tricky/critique-concert-1-2-29957.htm


Image Hosted by ImageShack.us

Edited: septembre 18th, 2009

Festival Woods Tower Day 01 : Dub Inc, Sporto Kantes, Mardi Gras Brass Band, Dadi & Charlie…


Il ne fait aucun doute que si j’avais eu de l’argent, je me serai rué comme les quelques 97000 festivaliers au Rock en Seine pour apprécier une programmation banale, ressemblant à la majorité des festivals. Cependant je n’avais ni l’argent ni l’envie de débourser ce que je n’avais pas pour voir (hyperbole ?) Oasis ou entendre l’inaudible soupe de Faith No More, par conséquent je me suis rabattu sur un festival que nous qualifierons de seconde main, un de ces petits festivals qui préfèrent miser sur l’originalité plutôt que sur les grosses machines commerciales. Outre une programmation qui sort des sentiers battus, ce qui fait la force de cette 11 édition de Woodstower c’est la pérennisation de son engagement pour un festival propre et respectueux de l’environnement, et à la vue des efforts déployés (toilettes sèches artisanales, gobelets réutilisables, recyclage des déchets…), il n’y a aucun doute ; le Parc de Miribel n’a pas d’inquiétude à avoir pour son écosystème.

Arrivé sur place il faut avouer que le cadre est tout simplement magnifique, espaces verts abondants, doux chants d’oiseaux, et même un lac, bref la pochette idéale pour un magazine touristique. Loin du brouhaha urbain, l’ambiance, même en fin de vacances, est des plus décontractée, bénévoles souriants, retard sur l’emploi du temps ou encore agent de sécurité amicaux c’est un peu le Club Med de Lyon. En ce début de soirée, Dadi et son fidèle acolyte Charlie inaugure la grande scène en jetant des cartons à l’image du duo sur le public. Après une majestueuse introduction alliant quiproquo, proses et diverses figures de style, Charlie prend enfin sa guitare. Textes engagés, partiellement hédonistes ou encore romantiques, peu de sujet passe entre les mailles du filet des deux poètes-slameurs.

Quelques proses plus tard une violoncelliste vient rejoindre le duo qui se transforme logiquement en trio. Avec un humour qui, bien que divertissent, ne casserait pas trois pattes à un canard, amuse le public qui ne cesse de s’accroitre au fil du temps. Après plus d’une heure de spectacle théatromusical il est l’heure pour nos deux poètes de quitter la scène, un simple adieu aurait été trop simple, alors c’est après une simulation d’explosion que les deux compères font mine d être projetés par une déflagration imaginaire, de vrais Mc Gyver dans l’âme !

Entre le changement de plateau quoi de plus naturel qu’une bière ? Je prends mon petit gobelet à 1euro (festival écolo oblige) pour acheter ma mousse à 2.50. Sur le coup je me sens légèrement arnaqué, plus de mousse que de bière, quantité qui ne dépasse pas le demi… Amèrement, je savoure ma boisson avant de suivre le public s’amassant pour rejoindre la grande scène. Le public a considérablement augmenté, c’est à Dub Inc –la tête d’affiche du jour- de se produire. Sur le plateau les silhouettes des musiciens se dessinent a travers les lumières, soudain toute la scène est éclairée d’une lumière vive, les deux chanteurs accourent, le public acclame. Les stéphanois de Dub Inc sont connus pour être de bons musiciens mais aussi pour être engagés ; « Ce morceaux est pour une association que l’on soutient depuis longtemps, Survie » dit l’un des deux chanteurs. En même temps que l’ambiance monte, d’étranges nuages odorants s’élèvent. Le public est survolté, j’ai assisté à des concerts de punk où le public passerait pour des bisounours vis-à-vis des spectateurs de Woodstower !

Apriori rien ne peut entamer l’enthousiasme du public, pas même les quelques ratés sur «  My Freestyle  » ou «  Métissage« . Malgré un froid hivernal – pour nous pauvres marseillais – l’ambiance ne refroidit pas, tel un brassier, chaque chanson est synonyme d’une buche de bois dans le feu, même le groupe semble sidéré par l’engouement. Puis vient enfin « Rude Boy « , difficile de dissocier Dub Inc du single phare, lorsque l’intro retentit les mains se lèvent, Aurélien –un des chanteurs- demande au public de s’assoir. De son côté l’autre chanteur commence un décompte avant de donner le signaler pour que tout le monde saute en même temps. La symbiose opère qui s’agisse du groupe ou du public tout le monde chante en cœur. Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin, c’est après avoir remercié chaleureusement le public, majoritairement lyonnais, que le groupe se retire. Une chose est certaine, fan ou pas le talent de Dub Inc pour mettre l’ambiance est indéniable.

Sans transition aucune, Mardi Gras Brass Band prend le relais sur la scène du Lac. Rapidement la petite fanfare allemande investie les lieux sur une musique digne des plus grandes corridas. Barrière de la langue oblige ce n’est pas en allemand mais en anglais que le groupe se présente à l’assemblée.

Influencé par la musique jazz noire américaine des années vingt le Brass Band se détache habilement du courant grâce aux prouesses de leur DJ. Cependant d’un morceau à un autre l’univers change, de Ray Charles à Bob Dylan l’extraordinaire voix du chanteur nous transporte loin dans le temps. Malgré une musique sur vitaminée et déjantée, rien n’y fait le public qui était il y a tout juste une demie heure entrain de déambuler se Dub Inc se retire petit à petit. Cela est d’autant plus dommage que le groupe mérite à être connu avec des productions originales et universelles il y en a pour tous les gouts, malheureusement le groupe ne jouit pas de la même renommée que Dub Inc, par conséquent le « public rasta » – venu en grand nombre pour les stéphanois- démontre une fermeture d’esprit des plus tristes, pour moi qui croyais que la dite communauté était ouverte d’esprit je suis pour le moins déçu. Mais revenons au principal, au MGBB. Peu d’échange avec le public certes mais une musique riche et généreuse qui comble sans problème le vide. Les morceaux s’enchainent, et même si le set se termine assez rapidement, le public qui est resté ne l’a certainement pas regretté.

Il se fait tard et le festival accumule le retard lorsque Sporto Kantès débarque sur scène. Chapeau, Chemise classe, Cigare à la bouche, en outre ambiance chic. Néanmoins c’est au même moment que j’ai l’occasion de faire une interview d’Aurélien « Komlan » et Grégory « Zigo » respectivement chanteur et batteur de Dub Inc. Ce n’est que par brefs coups d’œil que j’entraperçois le concert de S-K. Du coup je ne pourrai qu’en dire que l’ambiance semblait avoir redescendue au même titre que le nombre de spectateurs, que le groupe était de qualité, et que même si le chanteur a fait tombé la chemise l’ambiance n’est pas remontée – sauf au moment où ils ont joué «  Whistle » (morceau pour une publicité), où tout le monde s’amusait à siffloter le refrain- . Par conséquent je ne puis m’étaler plus sur le concert de Sporto Kantès qui malgré tout semblait bien, même de loin.

Bien que le festival ait fait l’effort de jouer la carte de l’éclectisme, ce dernier ne déroge pas à certaines règles. La première étant que le public vient en priorité pour les têtes d’affiches, Mardi Gras Brass Band et Sporto Kantès, en auront fait les frais à leur dépend. Cependant il semble important de souligner cet effort, même si la différence ne paye pas toujours, elle rend, généralement les chroniqueurs un peu fou fou dans leur tête, très heureux ! En bref et sans image, cette première soirée au Woodstower Festival fût – hormis le froid hivernal et la biére trop chére – une très bonne soirée.

-BOBY -

Plus de photos sur : http://www.flickr.com/photos/boby_allin/sets/72157622209577304/

PHOTOS DU CONCERT DISPONIBLES DANS “GALLERY”(en haut à droite)

ARTICLE DISPONIBLE SUR LIVE IN MARSEILLE : http://www.concertandco.com/ville/lyon/festival-woods-tower-day-dub-inc-kantes/critique-concert-1-2-29793.htm

Image Hosted by ImageShack.us

Edited: septembre 18th, 2009