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Bloody Beetroots + Something à la mode – Dock des Suds (Marseille) – 10/04/2010

Aujourd‘hui le Dock des suds a décidé d’ouvrir à l’heure où mange les poules. 20 heure ça fait légèrement tôt pour un concert d’autant plus lorsqu’il s’agit de musique électro… Peut être que cela est dû au jeune âge du public. Reconnaissons quand même que les plus vieux dans la salle se trouvent sur scène. Quoi qu’il en soit et malgré une place à 30 euro le public aura répondu présent avec une salle rempli dans ses trois quarts.

Something à la mode

20h10 pétante – enfin plus ou moins – Something à la Mode rentre en scène. Originalité, voilà le maître mot de la formation. Il faut dire que les artistes alliant violon, violoncelle et musique électro en live ne courent pas les rues. Compte tenu résultat c’est d’ailleurs bien dommage. Allier classique et modernité c’est un concept si simpliste qu’il en est d’une efficacité redoutable. « Rondo Parisiano  » ouvre le bal. Comme une invitation à voyage dans un monde où tout ne serait que luxe, calme et volupté. Même la voix de Karl Lagarfield, qui pourtant a le don de me faire hérisser le poil, passe comme une lettre à Laposte.

Something à la mode

Lorsqu’ils ne sont pas avec leurs instruments les deux compères s’activent derrière leurs macs et autres machines électroniques. Quand on voit la multitude de boutons on en revient finalement à se demander s’il n’est pas plus aisé de faire du violon. En tout cas quoi qu’il en soit en plus de jouer remarquablement bien de violon/violoncelle les deux artistes touchent aussi leur bille au clavier. Les morceaux s’enchainent et le public n’en finit plus de danser.

Something à la mode

Si généralement on a tendance à penser que les jeunes n’aiment pas la musique classique. Ce soir en trois quarts d’heure de show Something à la mode aura soit prouvé que la musique classique n’est pas si démodée soit démontré que tous les sociologues et autres experts se trompent sur la jeunesse. L’un comme l’autre n’aura empêché le public d’apprécier le groupe à sa juste valeur.

Bloody Beetroots Death Crew 77

Après cette douce mise en bouche c’est aux très sanglantes betteraves d’entrer en scène. Avant même que le show ne commence le public est déjà survolté. Attendus ? En effet la bande de Sir Bob Cornelius Rifo le sont. Entre talentueux remix et compositions géniales les raisons sont nombreuses pour apprécier le groupe. Coiffés de leur masque de Venom, le double maléfique de Spiderman, les trois Bloody arrivent sous les cris stridents des groupies.

Bloody Beetroots Death Crew 77

«  Domino  » ouvre le bal. Puissant, net et sans bavure que dire de plus si ce n’est que le show est parfaitement réglé. Rappelons quand même que les Bloody sont depuis quelques mois sur les routes et qu’ils ne sont pas prêts de s’arrêter. Ceci expliquant cela il faut néanmoins reconnaître que si on prend les dj pour les plus branleurs des musicos, le trio est bien loin du stéréotype.

Bloody Beetroots Death Crew 77

Le talent réside en de petits détails. Le fait d’avoir préféré une batterie avec un vrai batteur plutôt qu’une boite à rythme en fait parti. Chaque martellement sur l’instrument rajoute une puissance, une sonorité qu’aucune machine n’arriverait à reproduire avec autant de fidélité, rendant ainsi les morceaux beaucoup plus vivants et vivaces ! Lorsque Sir Bob etc troque sa guitare pour le micro, instinctivement le public comprend que LE tube du groupe va être joué.

Bloody Beetroots Death Crew 77

One, Two, Three, Four… Motherfuckerrrrrrrrrrr ! Et voilà le bloody morceau démarre, « Warp 1.7« . A ma grande surprise le tout est bientôt plus punk qu’electro. La voix de Bob serait à s’y méprendre avec celle d’un chanteur de punk hxc. Vu l’ambiance régnante je ne suis certainement pas le seul à préférer cette version bien plus brutale que sur support digitale. Une ambiance qui arrive à son apogée lorsque Bob quitte la scène pour aller à la rencontre du public avant de se réfugier entre ses deux pianos.

Bloody Beetroots Death Crew 77

S’en suit « Cornelius « , la chaleur dans la salle devient insupportable et le morceau n’arrange en rien la chose. Finalement se sera une interprétation au piano de la BO de « 28 semaines plus tard » qui viendra calmer l’effervescence publique. Enfin, atténuer serait plutôt le mot juste. Comme le calme avant la tempête ces quelques minutes de répit se soldent par un retour fracassant assuré par « Welcome « , un featuring d’Etienne de Crecy.

Bloody Beetroots Death Crew 77

Au même moment qu’un des membres de Something à la mode revient en scène pour accompagner lesBeetroots je décide d’aller pour au bar prendre une petite Beer. Seulement voilà une fois la bière en main tout le monde quitte la salle. « Encore des abrutis qui n’ont pas compris qu’il y avait un rappel  » me dis je. Finalement l’abrutis se fut moi ainsi que les autres spectateurs, il est 22h30 est le concert est bel et bien terminé. Après seulement une heure et quart de show… Regrettable que la qualité ne fut pas alliée avec la quantité pour cette soirée.

Bloody Beetroots Death Crew 77

Il faut reconnaître que lorsque j’ai appris que le concert allait se dérouler au dock des suds j’avais de grosses appréhensions quant à la qualité sonore du spectacle. Finalement qu’il s’agisse de Something à la mode ou de Bloody Beetroots le son était convenable chose qui n’est pas forcement banale dans cette salle. A contrario la durée du show est quant à elle révoltante. Payer 30 euros pour 1h15 de spectacle ça fait cher, très cher, trop cher ! Dommage donc que la très bonne performance des Bloody soit entachée par cette fin peu glorieuse.

Bloody Beetroots Death Crew 77

Interview de BoB des Bloody Beetroots ici : http://www.concertandco.com/interview/interview-bloody-beetroots/interview-1-33551.htm

- BOBY -

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Edited: mai 21st, 2010

Mass Hysteria + Headcharger – L’Usine (Istres) – 23/01/10

Après une soirée Rock à l’Usine, c’est tout naturellement le métal qui s’impose en cette fin de week end. Venu défendre un énième album, ce soir c’est Mass Hysteria qui occupe les lieux. Plus connus pour l’énergie qui déploient en live que pour leurs cd’s, cela fait longtemps que les « Babyloniens » de Mass se sont imposés comme l’une des références de la scène néo métal française, avec, comme consécration la première partie de Metallica l’été dernier dans les splendides Arènes nîmoises.

 Headcharger

Mais avant de passer aux choses sérieuses, c’est HeadCharger qui rentre en scène. Eux aussi sont venus défendre un album vient de sortir, « The End Starts Here « , tout un programme. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’en ce début de concert il n y a pas grand monde. Malgré ça le quintet normand ne s’en démonte pas pour autant. Au rendez vous gros riffs de guitare et une voix de cowboy. A l’aube de la sortie de leur 3éme opus, il faut reconnaître une qualité essentielle au groupe, ce lui d’assurer tant devant 3 personnes que 300. Petit à petit les rangs se resserrent pour finalement se séparer dans un « Braveheart » qui écopera du titre honorifique du « Brave le plus ridicule au monde« .

Headcharger

Pour autant Headcharger ne se démonte pas. Bien décidés à montrer ce qu’ils avaient derrière leurs longues chevelures c’est «  The end starts hère « , titre éponyme du dernier album, qui fédérera tout ce beau monde qui s’agite dans la fosse. Niveau technique rien à redire, simple et efficace. A des moments on pourrait s’y méprendre avec des bons vieux riff from texas de Nashville Pussy à la différence prêt que  » l’égosilleur » presque chanteur, s’apparente bien plus à celle de Jamey Jasta (Hatebreed) qu’aux doux et mélancolieux chants de Blaine Cartwright (Nashville pussy). Bref après 45 minutes de ce savant mélange on en redemanderait presque. Seulement voilà côté publique c’est avec d’avantage d’intérêt que l’on attendMass Hysteria.

Mass Hysteria

Pendant que le plateau est changé, la fosse se remplit. En tout juste 20 minutes le nombreux de chevelus a quadruplé dans l’Usine. Si pendant Headcharger il y avait la place de circuler, pour Mass Hysteria, pas de doute, ce sera une douche assurée avec les potentielles coulées de sueur des voisins. Précédent le grand lavage, les quatre musiciens de M-H ouvrent le bal avant d’être rejoint par Mouss, chanteur aux allures Chabaliennes. Aussi percutant qu’un plaquage du célèbre membres du XV de France, « Babylone  » installe les prémisses d’une ambiance joviale qui tiendra jusqu’au bout. Intergénérationnel, c’est un public allant de 7 à 77 ans qui accueille les 5 camarades.

Mass Hysteria

Même si l’alibi principal de cette tournée est la sortie d’un énième opus, c’est sans surprise les morceaux du précédent album qui occupe la plus grande place dans la set list, nous ne nous en plaindrons pas puisqu’une « Somme de Détails » résonne à mon sens comme l’une des meilleurs productions de Mass Hysteria. C’est d’ailleurs le titre éponyme qui est ensuite interprété. Si la présence scénique de Mouss, sa gestuelle, ses mimiques, font parties intégrantes du groupe, il va s’en dire qu’elles vont de paire avec le jeu de scène deYann, l’homme toupie occasionnellement guitare de la formation.

Mass Hysteria

Étonné de voir un public si nombreux, il faut avouer que pour un groupe de métal venir dans le sud est un peu comme un baptême du feu. « S’il y a du monde dans le sud alors il y aura du monde partout« , ironiseraMouss ,à juste titre avant d’ordonner un braveheart. Rien à voir avec la précédente tentative d’Headcharger. Cette fois le public est là et il compte bien le faire savoir. 1…. 2….. 3…. Est l’intro de « P4  » scelle l’ouverture des hostilités. Les deux cotés si distincts il y a tout juste 30 secondes se réunisse dans le chaos le plus total formant un amalgame difforme de bras, chevelures et autres membres du corps humain. Satisfait c’est sur un solo de batterie que le tout se soldera.

Mass Hysteria

Brutal, écologiste, revendicateur, Mass Hysteria c’est tout cela et bien plus. Une certitude il ne manque pas de le faire savoir. Textes revendicatifs associés à une musique qu’il l’est tout autant, que demande de plus le peuple ? Mais où la critique se fait le plus ressentir c’est avec «  Killing The Hype « , une déclaration de guerre claire contre toutes ces formations bobo pseudo Rock and Roll à l’image de BB brunes. « Les Bobos et leurs spleen, mèche rebelle à l’anglaise « , n’ont qu’à bien se tenir car ce n’est surement pas le public présent ce soir qui invalidera ces sages paroles. Bien au contraire et en signe d’acquiescement, c’est lorsqueMouss fait la promotion de groupes qui ne font pas la première page de Rock and Folk comme Gojira, l’ensemble de la team Coriace et autres outsiders du rock/métal français, que le public aura rugit le plus.

Mass Hysteria

« Respect the dance floor  » et le dance floor te respectera. Mouss profite du morceau pour inviter les plus téméraires du public à venir se déhancher sur les planchers de l’Usine. « Furia « , qui mettra un point final à plus d’une heure et demie d’hystérie, de pogos, de cris et d’effluves de transpiration. Avant de partir Mass Hysteria ne manque pas de faire une photo avec en fond le public histoire d’immortaliser ce qui restera comme un très bon samedi soir.

Mass Hysteria

- BOBY -

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Edited: février 1st, 2010

Izia + Ladylike Dragons – L’Usine (istres) – 22/01/10

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Quand on voit à quel point le baromètre descendait hier, on ne pouvait que se dire que ce vendredi soir faisait parti des soirées où il fait bon rester chez soi. Ça aurait pu être tellement vrai si seulement Izia ne venait pas se produire sur la scène de l Usine. Après avoir écumée les festivals cet été c’est maintenant aux salles françaises d’abriter l’ouragan Izia.

Ladylike Dragons

Avant de passer aux choses sérieuses ce n’est que tardivement que l’on apprend que la première partie se déroule sous l’égide de Ladylike Dragons, une formation qui d’ailleurs commence à faire parler d’elle depuis qu’elle a remporté le « rock Battle » de OUI-FM. Considérant OUI FM, comme une référence des ondes rock, il n y a donc pas de soucis a avoir quant à ce que devrait fournir le trio. En effet, aucune inquiétude. Savant mélange de pop et garage, le public adhère aussitôt. « Les dragons bien élevés » se lancent même dans une reprise de « L enfant roi » de Noir Désir.

Etant un fan du groupe, je sais par expérience que lorsque l’on reprend du Noir Des (comme disent les vrais), il faut souvent s’attendre au pire. Pour le coup, le trio déroge à la règle avec une envoutante reprise non moins fidèle à l’original. Une voix puissante, des solos guitare de la mort qui tue, il n’en fallait pas moins pour conquérir le cœur du public istrien. C’est sur « 13 minutes » que se solde les 40 minutes de show. Surement le meilleur des morceaux que Ladylike Dragons nous aura offert ce soir. Quand pop et garage ne font plus qu’un ça peut donner des choses biens, quand pop et garage ne font plus qu un ça donne Ladylike Dragons.

Izia

Les lumières s’éteignent. Le moment fatidique arrive. Plongée dans la pénombre seul  le centre de la scène est éclairé. Soudain Izia, guitare en main, seule contre le reste du public déboule. Intimidée ? Pas une seconde. C’est avec décontraction qu’elle entame son set. Rapidement rejoint par le reste de son groupe, « Life is going down  » annonce, d’ores et déjà, un concert prometteur à l’image de la voix de la jeune demoiselle. Difficile de rester insensible à de telles performances vocales. Dans l’univers d’Izia, entre deux planètes, il n y a qu’un pas. Métaphore pour le moins houleuse mais lorsqu’on voit la facilité avec laquelle elle s’amuse à passer des aigus aux graves, on comprend de suite.

Un peu comme ses textes, après avoir interpréter une chanson « pour que les meilleurs amis se chopent entre eux  » c’est un titre pour régler ses comptes avec « un poufiasse qui se moquait d’elle, ne supportant pas qu’elle soit sexy dans son short taille 40  » qui est joué. Dans le texte comme dans la musique c’est un morceau digne d’Iggy Pop version Stooges qui en résulte. Nul besoin de préciser qu’au niveau du public l’ambiance est chaude-bouillante pour ne pas dire brulante. Il faut dire qu’Izia est un peu similaire à un brasier. Au début les premières flammes arrivent, puis le tout s’embrase et ne cesse de grossir. Tel un feu de forêt impossible d’arrêter la jeune cantatrice. «  Disco Ball  » ,précédé par un cours sur le cri du rockeur version « Hot » où Izia se perd dans une explication abracadabrantesque, montre non seulement le talent de l’adolescente mais aussi celui des musiciens qui l’entoure.

Izia

Avant le traditionnel rappel, entrainant inéluctablement « Applaudissage, revenage, bonheur ! « , c’est derrière la batterie qu’Izia se réfugie, avant de ramener une cymbale devant. Ambiance chaude et sexy oblige, précédent le martellement sans ménagement de la pauvre cymbale, c’est un spectacle digne des concours de T shirt mouillés que la douce Izia nous offre en se vidant une bouteille d’eau sur son corps déjà humidifié par la transpiration. Ce qui fait la force de la teenager c’est l’éclectisme présent dans l’univers qu’elle incarne sur scène, en effet en une heure et demie c’est un large panel de ce qui se fait de mieux dans le rock que nous aura offert celle que l ‘on pourrait communément appeler le « Janis Zeppelin « . C’est d’ailleurs avec une magnifique et non moins émouvante reprise à capella de la vieille Joplin qu’Izia clôture son set. Le public conquis en reste bouche bée. Ce petit moment de calme et volupté sera t’il suffisant pour éteindre le feu qu’elle a mis à l’Usine ? Assurément Non.

Izia

Entre Ladylike Dragons et Izia difficile de passer une mauvaise soirée avec de telles hôtesses. Étonnante découverte pour l’une, confirmation d’un talent certain et inépuisable ou presque pour l’autre. La satisfaction visible sur les visages du public en est la preuve la plus significative. Après avoir brillée dans les festivals, elle enflamme les salles. Encore sceptique ? Courrez chez le disquaire vous offrir son album éponyme. Pour ma part, si la précédente prestation m’avait enchanté, cette dernière m’aura littéralement ensorcelé.

- BOBY -

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Edited: janvier 25th, 2010

TPA : Chinese Man + Scratch Bandits Crew + Boukanbucal – Salle du 4 septembre (St Cannat

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«  COMPLET « , «  PLUS DE PREVENTE « , voila ce qui surplombait l’entrée de la Salle du 4 septembre. Il faut avouer que cela n’a rien d’étonnant si l’on prend en compte l’annulation du Zik Zak Festival, où Chinese Man faisait figure de tête d’affiche, plus le fait qu’ Aix Qui ? , dans sa volonté de démocratiser la culture, opte pour des tarifs au plus bas défiant toute concurrence.

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Après s’être fait abordé 15 fois pour me demander de revendre ma place, j’arrive dans la salle ou plutôt le gymnase. A première vue il y a de quoi rester perplexe, les gymnases n’étant pas réputés pour leur acoustique exceptionnelle. Après une présentation de Garage , le responsable de l’association, Boukanbucal rentre en scène. Le premier est en peignoir quant au second c’est costume de soirée blanc. Mélangeant musique traditionnelle et electro, l’intro, me laisse elle aussi perplexe. Finalement qu’il s’agisse de l’acoustique de salle ou des performances du groupe le tout est on ne peut plus correcte. Le punk en moins et le beat box en plus, Boukanbucal ressemble farouchement à Svinkels; scratch, grosse basse et autodérision perpétuelle. A la moitié du show, l’un des deux Mc troque son costume pour un vieux perf, une perruque à la Twisted sisters et un balais faisant office de guitare, c’est parti pour 5 minutes de solo en mode Air guitar. S’en suit «  Vodka, Redbull, Génépie « , titre faisant l’apogée des boissons éponymes (et hop une similitude de plus avec le Svink ). Du côté du public, la réactivité se fait attendre. Les deux Dj essayent tant bien que mal de relancer l’ambiance mais « Boukan humain  » qui commence sur les paroles d’une petite fille « Pourquoi ils se tuent les gens ? « , a un effet tout autre. Les deux trois blagues des Dj’s n’y changeront pas grand-chose, après une courte demie heure de set, difficile d’avoir un avis concret sur Boukanbucal, ce n’est pas loufoque, c’est juste loufoque.

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Pendant le changement de scène les fumeurs trouvent refuge dans l’arrière cours installée pour l’occasion. Comme quoi, on peut faire du « low cost » sans pour autant négliger le public, certaines salles devraient en prendre acte…

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Il fait tout noir dans la salle, il n y a que les lampes frontales du Scratch Bandits Crew qui éclairent de leur faible lumière le public plongé dans la pénombre. Alignés, les quatre scratcher’s allument chacun à leur tour une lampe d’atelier. «  Salut St Cannat« , main sur la platine le crew des Bandits fait cracher du vinyle. En même temps que le volume, l’ambiance monte. Peu de paroles mais un gros son au rendez vous, de quoi ravir les férus de techno. En arrière plan des vidéos ont pour rôle de transporter les spectateurs dans l’univers des quatre virtuoses de la platine.

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On aurait pu craindre une certaine monotonie mais au final le Scratch Bandits Crew s’en sort avec brio. Aux frontières de l’univers trip hop et l’électro, le public en redemande. Mais les qualités de scratcher’s des quatre dj éclatent au grand jour lors de leurs solos. 45 minutes ont passé et on jurerait que cela ne fait que 10 minutes que le SBC se déchaine derrière les platines, de chaleureux remerciements précèdent le rapide départ du crew.

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Avant que la vedette de la soirée ne prenne place, les décors s’installent ; chapeau chinois, ombrelle et bien sur platines de mixage sont installés. Le public commence à s’agglutiner devant la scène, équipé des fameuses lunettes 3D préalablement offertes. 23h, le plateau est désert, la lumière a disparu, les cris font place à un fond sonore. La vidéo projetée en fond illumine le gymnase, le trio aixois débarque sur scène. Un bref salut à la chinoise et sans plus attendre les trois dj’s se placent derrière leur platines et mac respectifs. Une séquence vidéo informe le public sur l utilité de mettre les lunettes 3D qui au final ne changent pas grand-chose hormis le fait qu’en une fraction de seconde il est possible de devenir la risée du public. Peu importe si les effets n’y sont pas Chinese Man est bien présent. En même temps que la musique est jouée, des clips représentant l’univers asiatique (étonnant n’est ce pas ?) sont mixés de telle sorte que les mouvements de bouches collent avec les paroles.

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«  More « , « Artichaut  » font littéralement bondir les foules. Difficile de résister, à la limite de la transe, le public ne cesse d’en vouloir plus. Ils seront servis, en plein milieux du set intervient un remix de « Light my fire  » des Doors. Paroxysme d’une ambiance déjà survoltée, c’est un « feat », comme on dit dans le milieu, de qualité que nous offrent là les trois provençaux de Chinese Man. Au delà du simple plaisir auditif, le talent du crew aixois, c’est la façon dont les mixs arrivent à transporter n’importe qui dans les –si lointaines- contrées indiennes. Talent, qui prend toute sa forme avec « Indi groove « . Puis vint le morceau tant attendu, «  i’ve got that tune « , en arrière plan Betty Boop se trémousse sur un vinyle tandis que dans le public ce sont les pogos qui prennent le dessus.

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Ambiance asiatique mais pas seulement, en effet Chinese man n’est pas qu’un voyage spatial, c’est aussi une épopée temporelle à l’image de « Washingtown Square  » nous ramenant dans l’atmosphère régnante il y a de là un demie siècle. Pas beaucoup de contacts avec le public de la part du crew si ce n’est pour remercier Aix Qui ? , leur équipe et annoncer leur départ. Après un rappel, les trois aixois reviennent le temps d’une chanson. «  Soyez Zen, Mangez des nems « , ainsi ce conclut le remarquable et très remarqué set des Chinese – provençaux- Man.

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Encore un succès pour Aix Qui ? , un concert sold out, des artistes et un public comblé, que demander de plus ? Peut être un peu plus de place dans la salle afin d’acquérir les malchanceux restaient dehors. En tout cas une chose est sure, Chinese man n’en a pas fini de faire bouger les foules, et c’est tant mieux !

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- BOBY -

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Edited: novembre 18th, 2009

POPA CHUBBY – L’usine (Istres) – 30/10/09

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Retrouver Popa Chubbi à l’usine est presque devenu une coutume pour le public du pays d’Istres. Après une tournée en l’honneur d’Hendrix , le « Big Show  » du rock & blues New Yorkais revient mais cette fois accompagné –comme nous le montre les affiches ornant les murs d’entrée- de sa femme, why not ? Quoi qu’il en soit le public est venu en grand nombre, du motard au père de famille en passant par l’adolescent aux cheveux gras, Popa Chubbi semble être vecteur de rassemblement. Pour cause c’est une salle quasi pleine qui s’impatiente de le voir arriver sur scène.

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Pas de première partie, il est 21h15, Popa accompagné de ses deux musiciens, d’une lente et lourde démarche, s’installe. Bien que les affiches le montrait secondé par sa dame, cette dernière n’aura pas répondu présente à l’appel, pour sauver les apparences Chubbi ironise «  My first wife is my guitar« . Les premiers morceaux s’enchainent rapidement, trop rapidement. Le public ne semble pas suivre malgré des morceaux rock à en faire trémousser plus d’une. Manque de réactivité de la part du public ou simplement le manque de complicité qui se fait ressentir ? Ce n’est qu’à partir du 5éme morceau, une somptueuse reprise de «  Hey Joe« , que Popa Chubbi reprend contact avec le public. Ce qui fait le fort de ce musicien du pays de l’oncle Sam ce n’est pas seulement la facilité déconcertante avec laquelle qui joue sur SA strato, mais surtout, histoire de pimenter la chose, le fait qu’il s’offre le luxe de chanter en même temps.

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Il ne fait pas si chaud que ça et pourtant ce sont des flots de transpiration qui ruissellent sur le visage potelé de l’américain. Fatigué, c’est sur une chaise que ce dernier trouve refuge. Popa serait il déjà fatigué ? Oui mais non, qu’il soit assis ou debout cet avec le même entrain que le bougre se démène. Même si dans les bras de « la boule  » –américaine bien sur puisque la française ne sait jouer que du gong (Cf. Fort boyard)- sa femme (autrement dit sa guitare) ressemble à un ukulélé, il en connait toutes les ficelles ou plutôt toutes les cases. Difficile de rester insensible aux solos de « Rock And Roll is my religion », qui inéluctablement donne la pressante envie de se convertir.

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En parlant de religion, Popa, toujours perché sur sa chaise, s’adonne à une reprise de «  hallelujah« . Les refrains sont repris d’une voix unique par le public. Touché, Goliath Chubbi premier du nom s’emmêle dans ses solos. Le public ne semble pas remarquer les quelques fausses notes, une ambiance béate règne alors en maîtresse dans l’Usine. Enfin presque, aux antipodes de la balade du paradis, c’est sur l’autoroute de l’enfer que nous emmène Popa Chubbi. Effet AC/DC oblige, le public se réveille soudainement. De surcroit les interventions chubbienne se multiplient. Ca y est nous y sommes, le concert débute réellement. S’en suit une autre reprise du jeune Jimi, « The Winds cries Mary« , si la guitare et le chant respecte à la lettre la partition, la basse quant à elle sort du lot, logique puisque c’est les riffs de « Sweet Home Alabama » qui sont joués. Néanmoins le tout passe bien, il faut avouer que le contraire aurait été difficile avec les musiciens qui entourent Dady Chubbi.

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D’ailleurs lorsqu’il ne joue pas, c’est le talent de son bassiste qui éclate au grand jour. Avant de se retirer de la scène Popa quitte sa chaise pour se retrouver sur le tabouret du batteur, deux baguettes dans chaque main, c’est sans ménagement qui martèle la pauvre batterie. Bien sur, le public en redemande. « Aces Of Spades (de Motorhead) », histoire de ravir lesquels bikers présents, à pour rôle de clôturer cette soirée. Ca change de la voix de Lemmy, la seule chose que l’on puisse en dire c’est que le résultat est plutôt surprenant, pas bon ni mauvais, simplement surprenant un peu comme Chubbi finalement.

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Popa Chubbi, c’est un peu l’Obélix américain, pas besoin de prendre de la potion magique –quoi que je sois convaincu qu’il ne refuserait pas un bon verre de Jack- pour être surpuissant. Car derrière sa guitare il n’y a pas d’autre qualificatif pour le décrire. Qu’il s’amuse à reprendre des légendes ou qu’il compose ce bon vieux blues new yorkais dont il a le secret, il faut avouer que lorsque ce mec là est sur scène, il est bel et bien le représentant de sa digne religion, le Rock and Roll.

- BOBY -

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Edited: novembre 18th, 2009

Fiesta des Suds: Izia – Dock des Suds (Marseille) – 17/10/09

« Nous sommes en plus 30 après S. Gainsbourg. Tous les groupes gaulois produisent du rock français de sous marque… Tous? Non! Un petit band d’irréductibles Gaulois mené par Izïa résiste encore et toujours à l’envahisseur. Et la vie n’est pas facile pour les garnisons de légionnaires des camps retranchés de Superbus, Indochine, BB Brunes et Plasticines.  »

Fiesta des Suds, il est 22h20 dans l’antichambre du festival. Alors que la grande majorité du public attend avec impatience, que vienne se produire Charlie Winston. Même si la salle n’est pas pleine à craquer, il est réjouissant de voir que la diffusion de masse de « like a hobbo  » sur nos ondes hertziennes n’a pas totalement réduit à néant l’amour que certains ont pour le rock, le vrai, le pur, le dur ! A ceux qui croyaient que le Rock était une histoire d’homme, Izïa, du haut de ses 10 centimètre de talons aiguilles est la preuve vivante que ces personnes là se trompent. Les plus réticents pourraient dire qu’il ne s’agit là que d’une fille de… En effet Izïa semble être la fille spirituelle DE Janis Joplin et Jack White.

Verbe, fougue, talent certains héritent d’argent pour la jeune demoiselle il semblerait qu’il s’agisse de qualité. Qu’elle soit seule avec sa guitare, derrière une batterie ou tout simplement entrain de chanter on en oublierait même que la sœur d’un certain Arthur n’a pas encore vu son vingtième printemps. Finalement se sont ses prises de paroles plus ou moins houleuses –contrastant néanmoins avec l’attitude scénique- qui nous ramènent à la réalité, Izïa reste avant tout une adolescente. Mais une ado qui s’assume, la jeune a beau ne pas être un top model, avoir des formes, elle « emmerde toutes ces salopes qui sont jalouses lorsque tu te sens sexy dans ton shorty » et entend bien faire passer le message par le très stoogien «  Hey Bitch « .

Si la voix d’Izïa est remarquable, elle ne serait rien sans les musiciens qui l’accompagnent. Malgré un putain de rock à réveiller grand-mère, le public marseillais reste immobile, à la limite de la frustration. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé de nouer le contact, d’inciter à participer mais rien ne prend. En tout cas une chose est sure, « Back In town » aura séduit les plus perplexes, récoltant applaudissements, cris de joie et même demande de strip tease. D’ailleurs c’est peut être à ce moment que l’on voit que d’Izïa à Jack White il n’y a qu’un pas, musicallement bien sur.

Cependant il est vrai que le show n’est pas sans faille et que quelques morceaux comme « The Light » ne représentent qu’un intérêt très succinct. Mais lorsqu’on l’a compare avec d’autres groupes rangés dans la même catégorie à l’image des BéBé Brunes inéluctablement le spectacle reste d’une qualité nettement supérieure, même si ce n’est pas très difficile. Ayant seulement sorti un album il n’est donc pas étonnant qu’au bout d’une heure le groupe se retire après un ultime morceau dans lequel Izïa s’installe à la batterie.

Finalement, même si nous sommes en plus 30 après S. Gainsbourg, même si la quasi-totalité des nouveaux groupes de « rock français » font de la bouse commerciale. Un petit groupe d’irréductibles mené par Izïa résiste encore et toujours pour que le rock, le vrai perdure, celui qui dit « fuck  » à tout, «  fuck  » à rien, celui qui est là pour faire trémousser les jeunes pucelles et vomir les vieux barbus. D’accord, Izïa reste très jeune et manque quand même d’expérience mais être chanteuse ce n’est pas non plus diriger l’EPAD, par conséquent il ne fait aucun doute que dans quelques années ce sera sur la grande scène de la Fiesta qu’Izïa viendra dire «  Fuck à toutes les pétasses (qui se moquent des autres bien évidement)  »

- BOBY -

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Edited: octobre 24th, 2009

Fête de l’Humanité – La Courneuve: Cafe Vista Alegre, Maxime Le Forestier, Les Wampas, Arthur H, The Kooks, Deep Purple – 12/09/09 – Jour 2


Après une nuit des plus mouvementée au camping, un Djembéman qui joue mal, un départ d’incendie et le froid commun à Paris, c’est par un débat sur Jaurès que cette seconde journée sur la planète Humanité commence.

« Qui a les plus grosses maracas ? »

Pas grand monde pour le rendez vous cubain de la semaine. Il faut dire que Cafe Vista Alegre ne fait pas figure de tête d’affiche. Cependant après un bon petit repas kebab-guiness, pour la sieste de 14h, la musique cubaine il n y a rien de mieux. Maracas en main, sourire jusqu’ aux oreilles, le chanteur qui, rapidement est rejoint par une jeune chanteuse, semble vraiment dans son élément. Il faut dire qu’un cubain à la fête de l’huma, cela relève de l’euphémisme. Néanmoins aprés une demie heure de spectacle, le show devient quelque peu rébarbatif bien que plaisant.

« L’intrus de la Fête »

On savait que Radio France était partenaire de la Fête de l’Humanité mais jamais on ne m’avait prévenu que Nostalgie était aussi de la partie, c’est sans doute pour ça que je fus étonné de voir Maxime le Forestier sur cette scène d’autant plus depuis son léger retournement de veste sur le débat relatif à la loi HADOPI. Il était donc risqué de venir se produire ici, tomates ou applaudissements à l’entrée de l’artiste ? Finalement ni l’un ni l’autre, sur l’ensemble de l’assemblée tout juste un quart remarque la présence de l’artiste. Qu’il joue ou pas pour la majorité du public ça ne fait pas grande différence. Tant les cubains de Cafe Vista Alegre étaient parfaits pour faire passer la digestion du midi, tant Maxime ne fait pas passer grand-chose à travers son concert. Heureusement la fête de l’Humanité ne se résume pas seulement au concert, après avoir tenu péniblement 4 morceaux c’est sur les expositions photos que je me retranche.


Mais en chemin, c’est une curieuse rencontre que finalement je fais. Un paradoxe, une énigme, bref un ministre de la majorité présidentiel, celui de la culture, Mr.Mitterand, pas celui qui est décédé, l’autre. Accueilli par les huées, les cris et les insultes, le principal intéressé se défend comme il peut. D’un côté il explique que sa présence est légitime en tant que ministre de la culture, ce qui est pour le moins normal, seulement de l’autre côté le ministre défend ouvertement son ami Hortefeux devant des militants exacerbés, de surcroit, le ministre se fait rapidement expédier de la fête. De son côté Maxime sans escarmouche termine son set. Cependant de Frédéric ou Maxime difficile de dire qui était vraiment l’intrus de la Fête…

« Ce soir les Wampas ont inventé le Rock pour vous mes chéris ! »

17h40, un soleil presque de plomb, des effluves de transpiration d’adolescents et un costume rouge, panoplie d’un véritable coco, celle de Didier Wampas.. Après une petite musique d’introduction (celle du catcheur l’Undertaker, pour les connaisseurs), les 5 yéyés punks rentrent sur scène entamant in media res leur set. La masse compacte saute sur les riffs enjoués du groupe. Après «  Aquarium Tactile  » Immersion totale dans l’ambiance de la Fête, du costume aux petites phrases clin d’œil comme « Reviens G. Marchais « , les Wampas ne s’impliquent pas qu’à moitié. A tel point que c’est une jeune militante qui sert de pied micro le temps d’une chanson. Dans l’univers des Wampas entre punk brut et le kitch il n’y a qu’un pas, du coup coup de plus normal que de chanter «  Macho Man  » ou «  Où sont les femmes » en plein milieux de set ? C’est un peu la marque de fabrique du groupe.
Lorsque Didier n’est pas sur scène, il est dans le public, sur le dos, sur le ventre, sur une chaise. Même si la fête est sous l’égide de la faucille et du marteau, il ne faut pas négliger un détail, Didier Wampas est le roi, et c’est en tant que tel que le Roi se fait installer un trône de fortune (quelques caisses en bois) sur scène. Du haut de son perchoir les communistes sont à ses pieds et c’est peu dire, tous scandent »Didier Wampas est le Roi « . Ce que des gouvernements entiers ont essayé de faire durant des années et années, Didier Wampas l’a réalisé en tout juste une demi-heure. Sa majesté nous gratifie d’ailleurs d’un set list vraiment hétérogène, des titres du nouvel album, des anciens et bien sur l’incontournable « Porte feuille de Manu Chao  » qui électrise un public déjà survolté. Le ridicule ne tue, les Wampas l’ont prouvé à maintes reprises, après l’immonde costume rouge, Didier prend une guitare Hello Kitty et se coiffe non pas d’une couronne mais d’un immonde plot orange de signalisation, généreusement offert par le public.

Maintenant couronné, Didier s’adresse à son peuple «  Ce soir les Wampas ont inventé le Rock pour vous mes chéris ! KISS, KISs, KIss, Kiss, kiss… « , Après avoir embrassé quelques personnes du public, c’est au tour des personnes à mobilité réduite de se faire embrasser par le Roi. Avec les mouvements de foule un épais panache de poussière s’installe devant la grande scène, même s’il est difficile d’y voir, il n’est pas pour autant dur de remarquer que la fosse est déjà pleine. Il n’y a pas de problème, il n’y a que des solutions, afin de remédier à la surpopulation dans le public Didier invite –pour son plus grand plaisir- les demoiselles du public sur scène. C’est alors qu’une nuée de jeunes groupies déferlent sur la grande scène. Ca se trémousse, ça danse pour les plus osées ça embrasse même les membres du groupe. De quoi ravir les Wampas qui terminent sous des tonnerres d’applaudissements et des milliers de baisers.

« I want to FLUCK with Madonna »

J’apprécie le père, j’idolâtre la sœur, mais le frère j’avoue ne pas vraiment le connaitre. En tout cas le public est au rendez vous, -même si les premiers rangs sont déjà essentiellement occupés par les jeunes groupies des Kooks-. Entrée sans fioriture sur scène, pas de décors, un univers très sombre un seul élément contraste avec l’ensemble uniforme, la charmante pianiste à tête blonde du groupe. Cette année les programmateurs n’ont, semble t il pas peur de jouer avec le feu, il n’y a pas que Maxime Le Forestier qui soit pro Hadopi, Arthur H l’est aussi. Du coup s’exposer sur une scène aussi politisée que celle de l’Huma peut se révéler risqué, heureusement pour l’artiste Mitterand et les Wampas sont passés avant ce qui a quelque peu calmé les foules. Arthur H débute avec « Est-ce que tu aimes « , initialement ce morceau est un duo avec -M-, sans ce dernier cette version est quelque peu fade. Heureusement Higelin fils se rattrape avec «  Dancing with Madonna  » qu’il transforme en plein milieu en « FLUCKING with Madonna », flucking car fucking est trop vulgaire pour celui qui se décrit comme un « poélitique », amis de la poésie, bonjour. Après plus de cinq heures de concert ma gorge est un peu sèche du coup la Guiness m’appelle, et entre cette délicieuse boisson et Arthur H il n’y a pas photo, même si le set n’est pas fini je déserte –sans grand regret- la grande scène en faveur du stand Irlandais du Village Monde. Pour conclure, tant je serai prêt à défendre qu’avant d’être la fille de… Izïa se révèle être une perle musicale, un bijou, tant pour Arthur H il me serait plus difficile d’en dire autant…

«  We love you »

Un groupe pop british juste avant une tête d’affiche de légende, c’est un peu une coutume sur la grande scène de la fête de l’Huma que de retrouver ce genre de programmation. Après Razorlight, Babyshambles,il était on ne peut plus normal de retrouver les anglais de The Kooks au parc du bourget. Autant dire que tous les préadolescents boutonneux s’étaient donné rendez-vous. D’ailleurs dans les premiers rangs la tension est palpable à tel point qu’au moment où le groupe débarque sur scène ce sont tous les photographes/journalistes qui se sont soudain retrouvés sourds. Somptueux amalgame de Rock, Folk, Pop il faut reconnaitre que ces quatre dandys là ont une toute autre classe que certains groupes français qui essayent –tant bien que mal- de percer dans le milieux à l’image des bb brunes pour ne citer qu’eux. Pas le temps de s’ennuyer, les titres s’enchainent rapidement, peut être même trop. Il est d’ailleurs regrettable que le chanteur fasse plus attention aux groupies du premier rang plutôt qu’à l’ensemble du public, comme dirait les plus sages, c’est de leur âge. En tout cas le public ne semble pas leur en tenir rigueur, envouté par «  Ooh la  » ou encore le magnifique «  Sway « , difficile de faire autrement.D’un titre à l’autre l’atmosphère change, mais l’énergie débordante du groupe reste.


Les bambins –qu’ils sont- se déchainent sur scène, à droite à gauche, c’est à s’en demander comment le chanteur trouve le temps de réciter ses paroles. Qu’il s’agisse de morceaux du premier album ou du dernier, les fans sont là et comptent bien le faire savoir, pas un refrain n’est oublié, pas une parole ne manque, ces textes ils les connaissent par cœur, plus qu’un simple groupe de rock, les Kooks semblent être en seulement deux albums devenus des icones incontournables de la musique pop anglaise. Même si les prises de paroles se font rares, avec des morceaux comme «  Naïve », « See The Sun » ou « Stormy Weather « , difficile de résister au charme, à la classe et au rock du quatuor britannique.

« You are magical !  »

Quelle mouche a bien pu me piquer ? Pourquoi suis-je sorti de l’espace pro pour aller dans la fosse ? Si ce n’est pas le pandémonium ça y ressemble bien. Le réel manque de place se fait ressentir, tous les 10 mètres un malaise, pas assez de place devant la scène, le public littéralement écrasé contre les barrières et même des personnes à mobilité réduite renversées !  Pour avoir la chance d’apercevoir la légende Deep Purple, pas le choix, c’est chacun pour sa peau.  Puis le moment tant attendu arrive enfin, sans déambulateur  les papys purple débarquent sur scène. L’un coiffé d’un bandana retenant ses cheveux grisonnants, l’autre les pieds nus, le troisième, collier de vraies fausses dents de crocodile autour du cou, le quatrième à la coiffure estudiantine, quant au dernier il choisit la facilité, caché derrière ses futs pas évident de le voir.  S’ils ont un physique de vieux l’attitude est tout autre. Le risque avec les grands groupes qui décident de faire une gérontho-tournée c’est souvent d’être de décevoir le public avec un show mollasson et des capacités n’égalant pas celle du bon vieux temps.

Sur ce point là il faut avouer que Deep Purple n’aura pas déçu, même si, il faut l’avouer, les performances vocales de Gillan –le chanteur- n’étaient pas toujours au top, surtout au début du premier morceau,« Highway Star ».  Fort heureusement, une fois chaud, plus de défaillance de la part de Gillan, d’ailleurs à en juger ses expressions de visages, on le croirait presque surpris du monde présent. En tout cas une chose est sure, sur scène, Deep Purple prend vraiment du plaisir, le sourire jusqu’aux lèvres, le but est clair, passer une super soirée. Les performances instrumentales sont elles aussi irréprochables entre les solos de guitare de la mort qui tue et les impros au clavier, le public en aura eu largement pour son argent. Avant que ne vienne le très attendu « Smoke On The Water », Don Airey – qui est au clavier- nous gratifie de tout son talent avec un petit medley alliant classique, swing, la chansonnette « Alouette je te plumerai… » Et même l’hymne française avant d’enfin finir sur la fameuse intro de ce fameux morceau. Autant dire que dans le public c’est l’euphorie atteint son paroxysme.  « You are magical », c’est sur ces mots que Deep Purple se retire de scène.  Le quintet se fait un peu attendre avant de revenir en force avec « Hush » et «Black Night ».

Les charlots chantaient « Merci Patrons », aujourd’hui j’aurais bien chanté « Merci l’Huma ».  Programmation avec ses hauts et ses bas mais programmation de qualité et surtout à moindre coup. Seul problème, une fois de plus la sécurité, je ne compte plus les fois où j’ai failli me faire piétiner. Peut être que la fête devrait penser à déménager car, si ce n’est pas encore le cas, la Fête de l’Huma est en voie d’être le plus gros festival européens, soyez en assurez.

-          Boby -

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Edited: septembre 24th, 2009

Fête de l’Humanité – La Courneuve: Cocoon, Keziah Jones, Manu Chao – 11/09/09 – Jour 1


S’il  y a bien un rendez vous qui peut être qualifié de rendez vous du peuple, il n’y a aucun doute qu’il s’agisse de la Fête de l’Humanité. Pour sa 74 éme édition la Fête était, une fois de plus, à la hauteur des espérances, tant sur le plan musical que sur le plan politique. Il faut dire qu’avec un prix ne dépassant pas les 20€, une programmation regroupant des artistes internationaux ainsi que des débats au cœur des préoccupations actuelles, la Fête de l’Huma est l’événement à marquer d’une croix rouge sur le calendrier.

« On va tous simuler un orgasme ensemble »

Il est 18h30 lorsqu’à la surprise générale Cocoon débarque sur la grande scène, initialement prévu le samedi il semblerait que le duo français ait échangé de créneau avec les Wampas.  Ce n’est donc que partie remise pour Didier notre roi à tous. Sur un simple bonjour le concert commence. Lui à la guitare, elle au piano, chacun dans son coin essaye d’occuper tant bien que mal la scène. Il n’est jamais évident d’ouvrir pour un festival, les gens sont peu attentifs, la plupart du temps mous et  malheureusement ce ne sera pas Cocoon qui fera monter l’ambiance  malgré plusieurs tentatives vaines. On pourrait penser qu’au moment de  « Chupee » ou encore « On my way » l’ambiance aurait pu remonter seulement le triste constat qui en est tiré, est que sur scène on bouge plus que dans le public à tel point que certaines personnes préfèrent trouver refuge dans le stand-bar le plus proche. Pour ma part, je laisse le temps à Cocoon pour montrer l’étendue de leur talent, seulement, après tout juste 40 minutes de set le groupe se retire. Du coup pas de seconde chance pour le duo qui me laisse sur ma faim. Il est certain qu’en festival les sets ne sont pas programmés comme pour un concert anodin mais de là à jouer 40 minutes, c’est léger, trop léger.

« Rythme is Love »

Changement radical d’ambiance au moment où Keziah Jones, accompagné d’un bassiste et un batteur, rentre sur scène.  Tout sourire Mister Jones prend sa guitare et sans plus attendre entame son set. Presque étonné par la foule présente, KJ n’en perd pas ses bonnes manières et accueille chaleureusement son public, et c’est peu dire, à la fin du troisième morceau KJ enlève son haut suscitant les petits cris des demoiselles composant le public. Au niveau de l’ambiance rien à voir avec Cocoon,  le public reprend fièrement les refrains. Entre deux chansons, le poing levé (fête de l’Huma oblige), Keziah Jones fait un discours en français assez incompréhensible parlant de liberté et d’amour.  S’en suit une douce ballade. En plus d’être bon guitariste, Jones est un excellent bassiste, en quelques minutes il l’aura démontré à l’assemblée s’emparant d’une basse  avant de se retirer de scène. Il n’aura pas fallu beaucoup d’effort de la part du public pour que ce dernier revienne. A l’image de Ben Harper, Keziah prend sa guitare qu’il allonge afin de pouvoir jouer tout en faisant du tamtam. Comme un hommage à Hendrix le groupe reprend « All Along The Watchtower »,« Rythim is Love » s’en suit illico presto. Le titre dure et s’achève sur une òla dirigée par le batteur, devançant le départ du groupe.

« La vie est belle, le monde pourri »

Pour le dernier concert de la grande scène difficile d’accéder sur les lieux. Chose peu étonnante concernant Manu Chao et la Radio Bemba.  Le concert n’a pas encore commencé que le public est déjà compressé contre les barrières de sécurité. Il me semble ne jamais avoir vu la grande scène aussi noire de monde. Les lumières s’allument, tout le monde hurle, il faut dire que Manu Chao n’est pas venu depuis longtemps à la Fête de l’Huma et qu’il est très attendu. Casquette sur la tête, guitare en main, le show commence fort avec « Me Gusta » repris en cœur par l’ensemble du public et « Politik Kills ». Avec l’énergie d’un môme de 10 ans, Manu saute partout sur scène, légèrement surpris par le monde présent il ne cesse de remercier les personnes qui ont fait le déplacement.  Avec la foule présente, impossible de rejoindre la fosse, le public ne forme plus qu’une masse compacte et homogène. Afin de dissimuler un problème technique Manu remercie pour la énième fois le public et retire sa chemise avant d’entamer « Clandestino ». Accueilli par des  tonnerres d’applaudissements, il va sans dire que l’ambiance qui semblait déjà avoir atteint son apogée augmente encore un peu plus, lorsque ce n’est pas le public qui s’amuse à slammer c’est une tente qui se monte en deux secondes qui joue  les acrobates. Bien que Manu se produise avec la Radio Bemba il n’en oublie pas pour autant la longue époque passée avec la Mano Negra, micro sur le cœur qu’il tape de plus en plus fort simulant les battements de l’organe, ainsi commence  « Mala Vida ».

Ce n’est un secret pour personne le Manu Chao musicien est indissociable du Manu Chao politicohumain, c’est donc comme tel  que ce dernier interrompt le concert pour faire monter sur scène des représentants du peuple sahraouie brandissant fièrement un drapeau du Sahara Occidental, ainsi qu’une militante afin de sensibiliser le public à cette cause que peu connaissent (conflit mêlant le Maroc, l’Algerie, et le Sahara Occidental). S’ensuivent de vifs remerciements de la part des militants au groupe ; « Merci à Manu, à sa solidarité, à vous Fête de l’Huma, Merci ». Laissant sur scène le drapeau, seul témoin du passage de ces militants, le concert reprend de plus belle avec « Machine Gun », un autre titre de la Mano. Même lorsque Manu lâche sa guitare au profil d’une caisse claire les foules restent galvanisées, plus de 90 000 personnes s’entassent, se montent dessus, pour essayer de profiter au mieux d’un des plus merveilleux concerts qui ait été donné sur scène grande scène depuis des années. Entre chaque titre une petite dédicace de la part de l’ex leader de la Mano Negra « Merci Paris, avant de partir une petite dédicace à tous ces politiciens qui nous mentent ! ». Comble de l’ironie le groupe reprend à sa sauce le thème des Temps Modernes, avant de finalement se retirer en ajoutant « La vie est belle, le monde pourri »

Malgré un début de soirée plutôt mou, à la façon d’un pyromane, Manu Chao, accompagné de la Radio Bemba, a su embraser la grande scène.  Ce n’est pas que Cocoon ou Keziah Jones n’étaient pas à la hauteur, c’est juste que Manu Chao est l’un des plus gros monuments du Rock français, et que cette réputation qui se confirme toujours un peu plus à chaque représentation. Néanmoins il est regrettable qu’une partie du public n’ait pas pu profiter pleinement du spectacle à cause du manque de place, la Fête de l’Huma serait elle victime de son succès ?

- Boby -

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Edited: septembre 18th, 2009