IZIA-Izia

Izia - IziaAlors qu’à son âge la plus part de ses camarades s’imaginent qu’il n’est possible de faire de carrière dans la musique sans X factor et autres Star Academy, avec seulement 18 printemps au compteur et son premier opus éponyme, Izïa est en voie de redorer le blason du rock français. Car avant d’être une fille de, la jeune parisienne est surtout une fille du rock comme il ne s’en fait plus de nos jours ou du moins presque plus. Superbus, Plasticines and co n’ont qu’à aller se rhabiller.

« Back in town » premier morceau de l’opus annonce d’ores et déjà les prémisses d’un album qui réserve bien des surprises. A mi chemin entre Led Zepp et Janis Joplin le douze titres se révèle être un véritable melting pot de ce qui se fait de mieux dans le Rock avec une grande bière. De « Lola», morceau typique de la pop américaine à la Blondie au très Stoogien « Hey Bitch », Izia ne cesse de nous surprendre. A croire que l’album n’est qu’une succession de morceaux tous plus délectables les uns que les autres. Et ce n’est surement pas le fabuleux « Let Me Alone » qui nous fera penser, ne serait ce qu’une seconde, le contraire. Mais ce n’est réellement qu’avec « Blind » que les talents de chanteuse de la jeunette apparaissent au grand jour. Telle une cantatrice, c’est sans grand souci que la demoiselle passe aussi bien dans les aigus qu’aussitôt dans les graves. Déconcertant, surtout pour les pseudos groupes de rock français à l image des BB Brunes qui à côté d’Izia paraissent et véhiculent bien peu choses… Il suffit simplement de se concentrer sur « Disco Ball » pour comprendre qu’il existe un fossé entre elle et les autres. Le talent ? Peut être. Le travail ? Surtout. Il ne suffit pas d’avoir une Gibson et un Perf acheté à Monoprix pour être un Rockeur, et c’est ce qui fait toute la différence entre Izia et les Naast, pour ne citer qu’eux.

Abandonner les cours à 15 ans pour se consacrer à la musique le pari était risqué. Mais en à peine trois ans il aura été relevé avec brio.Izia est au rock ce que le caviar est à la bourgeoisie, indissociable. Après l’écoute du skeud, une seule mise en garde si vous décidiez d’aller la voir en liveAttention vous risqueriez de devenir accro…

-BOBY-

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Edited: janvier 15th, 2010

SOMA – EP 5 Titres

Soma - Ep 5 TitresAvant d’être la fierté du Sud, Soma c’est avant tout plus de 10 années de travail. Inspiré par les mythiques Smashing Pumpkins, le quatuor ne cesse d’aligner les succès ; passages à la télévision, première partie de 30 seconds to Mars, passage dans taratata en Mars… Entre rock enragé et brit pop mélodieuse l’éclectisme de Soma n’est plus à prouver. En mars 2010 devrait sortir leur premier opus « Jewel and orchestra », pas trop tôt pour un groupe dont le talent est connu et reconnu depuis déjà longtemps…

C’est à « Get Down » que revient la difficile tache d’ouvrir le bal. Ce qui dans les premiers temps pourrait s’apparenter à un morceaux des excellentissimes Hives se transforme finalement en tube pop qui cartonnerait à coup sur en Angleterre. Finalement le but de Soma n’est il pas de se servir de la France comme billet pour un aller simple en Terre Sainte du Rock ? Il faut reconnaître au quatuor marseillais des qualités imputables à la pop anglaise. C’est ce qui sans doute explique le fait queSoma se soit de plus en plus éloigné de ses premiers amours, les Smashing Pumpkins. De la voix à la mélodie difficile de trouver une quelconque corrélation entre le groupe de Bill Corgan et la formation française, pourtant ce ne sont pas les descriptions annonçant le contraire qui manquent sur les sites dédiés à Soma. A défaut de croire ce que je vois c’est donc ce que j’entends qui me guide pleinement dans l’univers SOMA. Univers, parce que d’un titre à un autre le band nous ballade et nous prouve la diversité de ses influences. Supergrass, Oasis, sont des groupes qui auraient certainement pu être les compositeurs de « Vanity », morceau mélodique teinté aux couleurs de la pop anglo-saxonne. A l’inverse de « Milk», morceau enregistré en live clôturant l’EP, qui pour le coup sonne plus rock indie que pop.

Finalement là où on penserait trouver du Smashing Pumpkins c’est du Supergrass qui naturellement s’impose. Pour le coup Soma ne perd pas aux changes. En seulement 5 morceaux la formation aura démontré que la réputation qui les précède est on ne peut plus fondée. Prochaine étape pour Soma, la sortie en mars de « Jewel and orchestra », une simple formalité vers les hautes sphères du Pop Rock ? En tout cas c’est tout le bien qu’on puisse leur souhaiter.

- BOBY -

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Edited: janvier 11th, 2010

Soma + Kami + Isys – Portail CouCou (Salon de provence) – 28/11/09

Énième concert pour l’association Aix Qui ? , est une fois de plus le public est au rendez vous. Au bas mot plus de 250 âmes avaient fait le déplacement jusqu’au Portail Coucou, lieux emblématique de la culture salonnaisse. A l’ordre du jour 3 groupes et un point commun, tous ont été finalistes des Class Eurock’s, le plus grand tremplin musical de la région.

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Après la diffusion du DVD des Class Eurock’sIsys, le premier groupe représentant le « Jeune Espoir » prend place dans l’antichambre du Portail, juste en face du bar. Le public présent pour la jeune formation est dans sa grande partie, constitué de copains expliquant ainsi la réactivité et l’engouement excessif. Ce qui au demeurant est normal puisque c’est ici, à Salon, qu’Isys remportait son ticket pour la finale du fameux tremplin. Musicalement parlant il faut avouer que le groupe n’invente rien et se contente de surfer sur la mouvance pop rock attribué aux band’s dans les séries américaines pour adolescents. Ce qui est d’autant plus dommage car lorsque l’on enlève les deux trois ratés au niveau des solos, les cinq garçons d’Isys auront montré durant une courte demi heure que le potentiel était pourtant bien présent.

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Changement de décors avec Kami, deuxième groupe de la soirée venu directement d’Hyéres. Cette fois c’est dans la grande salle que se déroule le live. Même si le public met du temps à accrocher le groupe n’en démord pas et joue comme si la salle était pleine. Décomplexé les quelques échanges entre le chanteur et le public font office d’introduction. Plus original que le groupe précédent, c’est à mi chemin entre pop anglaise et rock inde américain que Kami se place. Certaines chansons sont, il faut le dire, de petits bijoux. Sur les passages plus calmes on ressent l’influence de Radiohead omniprésente. Sans pour autant dire que la voix d’Hervé s’apparente à celle de Tom York il faut avouer qu’elle possède cependant un certain charme. Le coup de cœur sera « Don’t Play With It « . Entre deux morceaux le groupe annonce la sortie imminente de leur prochain album qu’ils sont venus défendre ici… avec brio.

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Troisième groupe et surement le plus attendu, SOMA, fierté de la région ne cesse d’aligner les succès. Venus eux aussi pour défendre leur prochain album le quatuor n’aura pas laissé de marbre les jeunes spectatrices du Portail Coucou. Là où je pensais trouver un groupe semblable aux surmédiatisés BB Brunes j’ai finalement trouvé un excellent rock band. Survolté, puissant, enjoué, les qualificatifs sont encore nombreux si l’on veut définir SOMA. Même si ce n’est qu’après le troisième titre que le chanteur digne enfin prendre contact avec le public le spectacle n’en reste pas moins délectable. Sonorités comme allure font inéluctablement penser aux dandys des Hives.

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Comme pour exorciser le mutisme des premiers morceaux, Lionel, le chanteur explique à chaque morceau l’anecdote qui l’accompagne. Plus aucun complexe, SOMA enfin maître des lieux, est de plus en plus à l’aise sur scène. Puis vint « Get Down « , dans la salle ça danse, pogote et même monte sur scène. Difficile de résister aux puissants riffs de guitare de titre phare de l’EP. Rock agressif oui, mais pas seulement, « Jewel and the orchestra« , nouveau morceau fraichement composé, calme le jeu au sein du public. La guitare est délaissée pour le Ukulele (ou pas je ne sais plus honte à moi), l’ambiance survoltée devient intimiste. Bref, en un morceau l’univers change radicalement.

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Après un rappel le groupe revient en force. SOMA en profite pour faire la promotion du futur album avenir «  N’hésitez pas à aller l’acheter quand il sortira, enfin si vous êtes pauvres vous aurez le droit de le télécharger « , conclut Lionel, sourire aux lèvres.

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Le rendez vous est pris, en janvier s’il ne faut acheter qu’un seul Cd ce sera celui de SOMA . Soirée placée sous l’égide de la découverte et de l’étonnement. Fort d’un partenariat qui dure depuis maintenant plus de 15 ans Portail Coucou et Aix Qui ? auront – une fois de plus – créé l’événement et comblé un public venu en grand nombre.

- BOBY -

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Edited: janvier 11th, 2010

Julien Doré & The Bash + Melanie Pain – Pasino (Aix) – 17/11/09

Le concert de l’été dernier m’avait laissé on ne peut plus dubitatif vis vis de Julien Doré, je me devais donc d’y retourner. Pour moi mais surtout afin de prouver à une bande d’irréductibles groupies m’ayant fustigé plus ou moins à tord qu’il y avait bien plus d’objectivité et d’impartialité dans mes propos que dans les paroles -peu mesurées- de groupies auxquelles on aurait préalablement installé des œillères. L’important n’étant pas là cependant la parenthèse se devait d’être faite. Revenons donc à cette chère tête blonde, adieux les murailles, les vieilles pierres du château de l’Emperi, ce soir c’est au Pasino que tout se passe. A 32 euros, c’est une surprise de constater que la salle est quand même remplie aux deux tiers, majoritairement constituée de femmes.

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Avant de rentrer dans le vif du sujet, c’est une jeune future maman qui prend place. Accompagnée de son pianiste/guitariste, Mélanie Pain, entame timidement son set. Aussi bien en français qu’en anglais c’est avec un certain charme que cette fille du pays d’aix interprète ses compositions. Sobriété et une touche rétro, en quelques mots voila l’univers de Mélanie Pain. Le public succombe, la douce voix de la demoiselle berce le Pasino. Dommage que l’unique et seul thème abordé soit l’amour, ce qui, à la longue, instaure une certaine monotonie. Fort heureusement, Mélanie, ne se cantonne pas qu’à son rôle de chanteuse (comme c’est généralement le cas dans ce genre de style musical), armé de son jouet/piano, une sorte de collector des années 80, la jeunette agrémente quelques uns de ses morceaux de douces mélodies.

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Lorsque le fameux jouet n’est pas utilisé c’est un vieux lecteur vinyle qui prend le relais. «  My name » titre phare du premier album d’éponyme de la demoiselle est à l image de sa conceptrice, rétro et reposant. Malgré le fait qu’il n’y ait pas ou peu d’activité dans la salle du pasino il fait extrêmement chaud à se demander si le système d’aération est en marche. Après de chaleureux remerciements, c’est aussi rapidement qu’elle est arrivée que Mélanie Pain se retire.

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Peu à peu le plateau prend forme, on aperçoit vaguement un canapé vintage surement acheté sur leboincoin, des trophées de chasse, deux lustres, bref tous les éléments indispensable à l univers kitch que chérit Julien Doré dans son perpétuel besoin d’être présent là où personne ne l’attend. Toujours cette chaleur insupportable mais plus de lumières, inéluctablement des cris de filles retentissent aux quatre coins de la salle. Le don juan de ces dames – accompagné par The Bash- rentre en scène. Chemise de bucheron, cheveux en bataille, look grunge, ce soir Julien Doré s’est pris pour Kurt Cobain… « Los Angeles  » ouvre le bal. Que l’on aime – ou pas - Julien Doré il faut avouer que l’on ne peut lui retirer une chose, il aime son public au moins autant que son public ne l’aime –enfin presque-. Alors que ce concert est joué dans le cadre de la même tournée qu’il y a de cela quelques mois c’est une set list et un jeu de scène totalement différent qui nous est ici présenté. Cet effort je ne peux que le saluer, rares sont les artistes qui prennent la peine de renouveler leur spectacle sur une même tournée, malgré un prix exorbitant, de part sa démarche Julien Doré prouve qu’il ne prend pas totalement son public pour une vache à lait.

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Pas vraiment de contact avec le public hormis quelques brèves prises de paroles, où, le vainqueur de la nouvelle star exprime son engouement pour Aix. Pour combler ce vide, le batteur de the Bash , s’adonne à un solo avant de s’amuser avec le public qui doit reprendre les rythmes. La majorité de l’assemblée étant à contre temps le petit jeu prend vite fin, puis quelques coups de cloches retentissent servant d’introduction aux « Limites « . Ca ressemble d’avantage a un générique de «  Parker Lewis ne perd jamais  » ou « Sauvé par le Gong  » que le tube présenté comme sensationnel, original et talentueux. Cependant l’ambiance est là. Tout n’est quand même pas mauvais ou surévalué dans l’univers du jeune Doré, «  Common’  » titre aux allures stoogiennes arriverait même à me faire déhancher. Il est d’ailleurs regrettable que le concert et plus généralement l’artiste ne ressemble pas plus a cette facette dévoilée ce soir. Soutenus par un synthé omniprésent les morceaux comme «  Freaky New Child » ou encore «  Bouche Pute  » voguent aux frontières du psychédélisme. Plutôt réussis, les deux morceaux clôturant cette première partie de concert sont non seulement efficaces mais pour le coup original vis-à-vis de ce que propose depuis le début Julien Doré. En écoutant son album il est quasi certain que «  Bouche pute » ne serait resté que quelques secondes en lecture.

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Après un légére coupure le lauréat de la célèbre émission d’M6 revient mais cette fois seule face au public. Ukulélé en main, il répond sévèrement à quelques personnes du public lui demandant d’interpréter « Moi Lotita  » (qui ne sera pas du tout joué). Sous le lustre, Julien Doré débute « Dolce Vita  » paroxysme de l’ennuie… Heureusement s’en suit «  Helsinki  » composition de la jeune Mélanie Pain interprétée en duo avec Julien & The Bash. Un joli morceau où les voix des deux chanteurs se complètent formant un ensemble des plus agréables. 23 heures pétantes, après une heure et demi de concert, tout le monde sur scène se sépare de son instrument pour s’avancer à la rencontre du public. « Merci Aix vous avez été EXCELLENT, pour vous remercier on va vous jouer un petit morceau en acoustique avant de partir. Après le concert je viendrai vous signer des autographes, prendre des photos pour ce qui veulent et ceux qui veulent pas bon soir !  » S’exclame Julien Doré avant de rejoindre le bord de la du plateau où l’attend le reste du groupe. Public et groupe chante d’une seule et même voix «  You are Excellent, I am Excellent« .

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Excellent c’est vite dit. Il est certain que si je devais décrire Julien Doré d’autres termes me viendraient avant… Le problème c’est que pour cinq chansons intéressantes il y en a autant de décevantes. Ce n’est pas pour autant mauvais certains morceaux sont d’ailleurs assez bons mais ne justifient en rien les 32€ déboursés pour assister au spectacle du vainqueur de la nouvelle star. Au final un seul regret, ne pas avoir pu assister à un concert de Julien Doré avant qu’il ne soit Julien Doré

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- BOBY -

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Edited: décembre 2nd, 2009

Fête de l’Humanité – La Courneuve: Cafe Vista Alegre, Maxime Le Forestier, Les Wampas, Arthur H, The Kooks, Deep Purple – 12/09/09 – Jour 2


Après une nuit des plus mouvementée au camping, un Djembéman qui joue mal, un départ d’incendie et le froid commun à Paris, c’est par un débat sur Jaurès que cette seconde journée sur la planète Humanité commence.

« Qui a les plus grosses maracas ? »

Pas grand monde pour le rendez vous cubain de la semaine. Il faut dire que Cafe Vista Alegre ne fait pas figure de tête d’affiche. Cependant après un bon petit repas kebab-guiness, pour la sieste de 14h, la musique cubaine il n y a rien de mieux. Maracas en main, sourire jusqu’ aux oreilles, le chanteur qui, rapidement est rejoint par une jeune chanteuse, semble vraiment dans son élément. Il faut dire qu’un cubain à la fête de l’huma, cela relève de l’euphémisme. Néanmoins aprés une demie heure de spectacle, le show devient quelque peu rébarbatif bien que plaisant.

« L’intrus de la Fête »

On savait que Radio France était partenaire de la Fête de l’Humanité mais jamais on ne m’avait prévenu que Nostalgie était aussi de la partie, c’est sans doute pour ça que je fus étonné de voir Maxime le Forestier sur cette scène d’autant plus depuis son léger retournement de veste sur le débat relatif à la loi HADOPI. Il était donc risqué de venir se produire ici, tomates ou applaudissements à l’entrée de l’artiste ? Finalement ni l’un ni l’autre, sur l’ensemble de l’assemblée tout juste un quart remarque la présence de l’artiste. Qu’il joue ou pas pour la majorité du public ça ne fait pas grande différence. Tant les cubains de Cafe Vista Alegre étaient parfaits pour faire passer la digestion du midi, tant Maxime ne fait pas passer grand-chose à travers son concert. Heureusement la fête de l’Humanité ne se résume pas seulement au concert, après avoir tenu péniblement 4 morceaux c’est sur les expositions photos que je me retranche.


Mais en chemin, c’est une curieuse rencontre que finalement je fais. Un paradoxe, une énigme, bref un ministre de la majorité présidentiel, celui de la culture, Mr.Mitterand, pas celui qui est décédé, l’autre. Accueilli par les huées, les cris et les insultes, le principal intéressé se défend comme il peut. D’un côté il explique que sa présence est légitime en tant que ministre de la culture, ce qui est pour le moins normal, seulement de l’autre côté le ministre défend ouvertement son ami Hortefeux devant des militants exacerbés, de surcroit, le ministre se fait rapidement expédier de la fête. De son côté Maxime sans escarmouche termine son set. Cependant de Frédéric ou Maxime difficile de dire qui était vraiment l’intrus de la Fête…

« Ce soir les Wampas ont inventé le Rock pour vous mes chéris ! »

17h40, un soleil presque de plomb, des effluves de transpiration d’adolescents et un costume rouge, panoplie d’un véritable coco, celle de Didier Wampas.. Après une petite musique d’introduction (celle du catcheur l’Undertaker, pour les connaisseurs), les 5 yéyés punks rentrent sur scène entamant in media res leur set. La masse compacte saute sur les riffs enjoués du groupe. Après «  Aquarium Tactile  » Immersion totale dans l’ambiance de la Fête, du costume aux petites phrases clin d’œil comme « Reviens G. Marchais « , les Wampas ne s’impliquent pas qu’à moitié. A tel point que c’est une jeune militante qui sert de pied micro le temps d’une chanson. Dans l’univers des Wampas entre punk brut et le kitch il n’y a qu’un pas, du coup coup de plus normal que de chanter «  Macho Man  » ou «  Où sont les femmes » en plein milieux de set ? C’est un peu la marque de fabrique du groupe.
Lorsque Didier n’est pas sur scène, il est dans le public, sur le dos, sur le ventre, sur une chaise. Même si la fête est sous l’égide de la faucille et du marteau, il ne faut pas négliger un détail, Didier Wampas est le roi, et c’est en tant que tel que le Roi se fait installer un trône de fortune (quelques caisses en bois) sur scène. Du haut de son perchoir les communistes sont à ses pieds et c’est peu dire, tous scandent »Didier Wampas est le Roi « . Ce que des gouvernements entiers ont essayé de faire durant des années et années, Didier Wampas l’a réalisé en tout juste une demi-heure. Sa majesté nous gratifie d’ailleurs d’un set list vraiment hétérogène, des titres du nouvel album, des anciens et bien sur l’incontournable « Porte feuille de Manu Chao  » qui électrise un public déjà survolté. Le ridicule ne tue, les Wampas l’ont prouvé à maintes reprises, après l’immonde costume rouge, Didier prend une guitare Hello Kitty et se coiffe non pas d’une couronne mais d’un immonde plot orange de signalisation, généreusement offert par le public.

Maintenant couronné, Didier s’adresse à son peuple «  Ce soir les Wampas ont inventé le Rock pour vous mes chéris ! KISS, KISs, KIss, Kiss, kiss… « , Après avoir embrassé quelques personnes du public, c’est au tour des personnes à mobilité réduite de se faire embrasser par le Roi. Avec les mouvements de foule un épais panache de poussière s’installe devant la grande scène, même s’il est difficile d’y voir, il n’est pas pour autant dur de remarquer que la fosse est déjà pleine. Il n’y a pas de problème, il n’y a que des solutions, afin de remédier à la surpopulation dans le public Didier invite –pour son plus grand plaisir- les demoiselles du public sur scène. C’est alors qu’une nuée de jeunes groupies déferlent sur la grande scène. Ca se trémousse, ça danse pour les plus osées ça embrasse même les membres du groupe. De quoi ravir les Wampas qui terminent sous des tonnerres d’applaudissements et des milliers de baisers.

« I want to FLUCK with Madonna »

J’apprécie le père, j’idolâtre la sœur, mais le frère j’avoue ne pas vraiment le connaitre. En tout cas le public est au rendez vous, -même si les premiers rangs sont déjà essentiellement occupés par les jeunes groupies des Kooks-. Entrée sans fioriture sur scène, pas de décors, un univers très sombre un seul élément contraste avec l’ensemble uniforme, la charmante pianiste à tête blonde du groupe. Cette année les programmateurs n’ont, semble t il pas peur de jouer avec le feu, il n’y a pas que Maxime Le Forestier qui soit pro Hadopi, Arthur H l’est aussi. Du coup s’exposer sur une scène aussi politisée que celle de l’Huma peut se révéler risqué, heureusement pour l’artiste Mitterand et les Wampas sont passés avant ce qui a quelque peu calmé les foules. Arthur H débute avec « Est-ce que tu aimes « , initialement ce morceau est un duo avec -M-, sans ce dernier cette version est quelque peu fade. Heureusement Higelin fils se rattrape avec «  Dancing with Madonna  » qu’il transforme en plein milieu en « FLUCKING with Madonna », flucking car fucking est trop vulgaire pour celui qui se décrit comme un « poélitique », amis de la poésie, bonjour. Après plus de cinq heures de concert ma gorge est un peu sèche du coup la Guiness m’appelle, et entre cette délicieuse boisson et Arthur H il n’y a pas photo, même si le set n’est pas fini je déserte –sans grand regret- la grande scène en faveur du stand Irlandais du Village Monde. Pour conclure, tant je serai prêt à défendre qu’avant d’être la fille de… Izïa se révèle être une perle musicale, un bijou, tant pour Arthur H il me serait plus difficile d’en dire autant…

«  We love you »

Un groupe pop british juste avant une tête d’affiche de légende, c’est un peu une coutume sur la grande scène de la fête de l’Huma que de retrouver ce genre de programmation. Après Razorlight, Babyshambles,il était on ne peut plus normal de retrouver les anglais de The Kooks au parc du bourget. Autant dire que tous les préadolescents boutonneux s’étaient donné rendez-vous. D’ailleurs dans les premiers rangs la tension est palpable à tel point qu’au moment où le groupe débarque sur scène ce sont tous les photographes/journalistes qui se sont soudain retrouvés sourds. Somptueux amalgame de Rock, Folk, Pop il faut reconnaitre que ces quatre dandys là ont une toute autre classe que certains groupes français qui essayent –tant bien que mal- de percer dans le milieux à l’image des bb brunes pour ne citer qu’eux. Pas le temps de s’ennuyer, les titres s’enchainent rapidement, peut être même trop. Il est d’ailleurs regrettable que le chanteur fasse plus attention aux groupies du premier rang plutôt qu’à l’ensemble du public, comme dirait les plus sages, c’est de leur âge. En tout cas le public ne semble pas leur en tenir rigueur, envouté par «  Ooh la  » ou encore le magnifique «  Sway « , difficile de faire autrement.D’un titre à l’autre l’atmosphère change, mais l’énergie débordante du groupe reste.


Les bambins –qu’ils sont- se déchainent sur scène, à droite à gauche, c’est à s’en demander comment le chanteur trouve le temps de réciter ses paroles. Qu’il s’agisse de morceaux du premier album ou du dernier, les fans sont là et comptent bien le faire savoir, pas un refrain n’est oublié, pas une parole ne manque, ces textes ils les connaissent par cœur, plus qu’un simple groupe de rock, les Kooks semblent être en seulement deux albums devenus des icones incontournables de la musique pop anglaise. Même si les prises de paroles se font rares, avec des morceaux comme «  Naïve », « See The Sun » ou « Stormy Weather « , difficile de résister au charme, à la classe et au rock du quatuor britannique.

« You are magical !  »

Quelle mouche a bien pu me piquer ? Pourquoi suis-je sorti de l’espace pro pour aller dans la fosse ? Si ce n’est pas le pandémonium ça y ressemble bien. Le réel manque de place se fait ressentir, tous les 10 mètres un malaise, pas assez de place devant la scène, le public littéralement écrasé contre les barrières et même des personnes à mobilité réduite renversées !  Pour avoir la chance d’apercevoir la légende Deep Purple, pas le choix, c’est chacun pour sa peau.  Puis le moment tant attendu arrive enfin, sans déambulateur  les papys purple débarquent sur scène. L’un coiffé d’un bandana retenant ses cheveux grisonnants, l’autre les pieds nus, le troisième, collier de vraies fausses dents de crocodile autour du cou, le quatrième à la coiffure estudiantine, quant au dernier il choisit la facilité, caché derrière ses futs pas évident de le voir.  S’ils ont un physique de vieux l’attitude est tout autre. Le risque avec les grands groupes qui décident de faire une gérontho-tournée c’est souvent d’être de décevoir le public avec un show mollasson et des capacités n’égalant pas celle du bon vieux temps.

Sur ce point là il faut avouer que Deep Purple n’aura pas déçu, même si, il faut l’avouer, les performances vocales de Gillan –le chanteur- n’étaient pas toujours au top, surtout au début du premier morceau,« Highway Star ».  Fort heureusement, une fois chaud, plus de défaillance de la part de Gillan, d’ailleurs à en juger ses expressions de visages, on le croirait presque surpris du monde présent. En tout cas une chose est sure, sur scène, Deep Purple prend vraiment du plaisir, le sourire jusqu’aux lèvres, le but est clair, passer une super soirée. Les performances instrumentales sont elles aussi irréprochables entre les solos de guitare de la mort qui tue et les impros au clavier, le public en aura eu largement pour son argent. Avant que ne vienne le très attendu « Smoke On The Water », Don Airey – qui est au clavier- nous gratifie de tout son talent avec un petit medley alliant classique, swing, la chansonnette « Alouette je te plumerai… » Et même l’hymne française avant d’enfin finir sur la fameuse intro de ce fameux morceau. Autant dire que dans le public c’est l’euphorie atteint son paroxysme.  « You are magical », c’est sur ces mots que Deep Purple se retire de scène.  Le quintet se fait un peu attendre avant de revenir en force avec « Hush » et «Black Night ».

Les charlots chantaient « Merci Patrons », aujourd’hui j’aurais bien chanté « Merci l’Huma ».  Programmation avec ses hauts et ses bas mais programmation de qualité et surtout à moindre coup. Seul problème, une fois de plus la sécurité, je ne compte plus les fois où j’ai failli me faire piétiner. Peut être que la fête devrait penser à déménager car, si ce n’est pas encore le cas, la Fête de l’Huma est en voie d’être le plus gros festival européens, soyez en assurez.

-          Boby -

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Edited: septembre 24th, 2009

Festival Woods Tower Day 01 : Dub Inc, Sporto Kantes, Mardi Gras Brass Band, Dadi & Charlie…


Il ne fait aucun doute que si j’avais eu de l’argent, je me serai rué comme les quelques 97000 festivaliers au Rock en Seine pour apprécier une programmation banale, ressemblant à la majorité des festivals. Cependant je n’avais ni l’argent ni l’envie de débourser ce que je n’avais pas pour voir (hyperbole ?) Oasis ou entendre l’inaudible soupe de Faith No More, par conséquent je me suis rabattu sur un festival que nous qualifierons de seconde main, un de ces petits festivals qui préfèrent miser sur l’originalité plutôt que sur les grosses machines commerciales. Outre une programmation qui sort des sentiers battus, ce qui fait la force de cette 11 édition de Woodstower c’est la pérennisation de son engagement pour un festival propre et respectueux de l’environnement, et à la vue des efforts déployés (toilettes sèches artisanales, gobelets réutilisables, recyclage des déchets…), il n’y a aucun doute ; le Parc de Miribel n’a pas d’inquiétude à avoir pour son écosystème.

Arrivé sur place il faut avouer que le cadre est tout simplement magnifique, espaces verts abondants, doux chants d’oiseaux, et même un lac, bref la pochette idéale pour un magazine touristique. Loin du brouhaha urbain, l’ambiance, même en fin de vacances, est des plus décontractée, bénévoles souriants, retard sur l’emploi du temps ou encore agent de sécurité amicaux c’est un peu le Club Med de Lyon. En ce début de soirée, Dadi et son fidèle acolyte Charlie inaugure la grande scène en jetant des cartons à l’image du duo sur le public. Après une majestueuse introduction alliant quiproquo, proses et diverses figures de style, Charlie prend enfin sa guitare. Textes engagés, partiellement hédonistes ou encore romantiques, peu de sujet passe entre les mailles du filet des deux poètes-slameurs.

Quelques proses plus tard une violoncelliste vient rejoindre le duo qui se transforme logiquement en trio. Avec un humour qui, bien que divertissent, ne casserait pas trois pattes à un canard, amuse le public qui ne cesse de s’accroitre au fil du temps. Après plus d’une heure de spectacle théatromusical il est l’heure pour nos deux poètes de quitter la scène, un simple adieu aurait été trop simple, alors c’est après une simulation d’explosion que les deux compères font mine d être projetés par une déflagration imaginaire, de vrais Mc Gyver dans l’âme !

Entre le changement de plateau quoi de plus naturel qu’une bière ? Je prends mon petit gobelet à 1euro (festival écolo oblige) pour acheter ma mousse à 2.50. Sur le coup je me sens légèrement arnaqué, plus de mousse que de bière, quantité qui ne dépasse pas le demi… Amèrement, je savoure ma boisson avant de suivre le public s’amassant pour rejoindre la grande scène. Le public a considérablement augmenté, c’est à Dub Inc –la tête d’affiche du jour- de se produire. Sur le plateau les silhouettes des musiciens se dessinent a travers les lumières, soudain toute la scène est éclairée d’une lumière vive, les deux chanteurs accourent, le public acclame. Les stéphanois de Dub Inc sont connus pour être de bons musiciens mais aussi pour être engagés ; « Ce morceaux est pour une association que l’on soutient depuis longtemps, Survie » dit l’un des deux chanteurs. En même temps que l’ambiance monte, d’étranges nuages odorants s’élèvent. Le public est survolté, j’ai assisté à des concerts de punk où le public passerait pour des bisounours vis-à-vis des spectateurs de Woodstower !

Apriori rien ne peut entamer l’enthousiasme du public, pas même les quelques ratés sur «  My Freestyle  » ou «  Métissage« . Malgré un froid hivernal – pour nous pauvres marseillais – l’ambiance ne refroidit pas, tel un brassier, chaque chanson est synonyme d’une buche de bois dans le feu, même le groupe semble sidéré par l’engouement. Puis vient enfin « Rude Boy « , difficile de dissocier Dub Inc du single phare, lorsque l’intro retentit les mains se lèvent, Aurélien –un des chanteurs- demande au public de s’assoir. De son côté l’autre chanteur commence un décompte avant de donner le signaler pour que tout le monde saute en même temps. La symbiose opère qui s’agisse du groupe ou du public tout le monde chante en cœur. Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin, c’est après avoir remercié chaleureusement le public, majoritairement lyonnais, que le groupe se retire. Une chose est certaine, fan ou pas le talent de Dub Inc pour mettre l’ambiance est indéniable.

Sans transition aucune, Mardi Gras Brass Band prend le relais sur la scène du Lac. Rapidement la petite fanfare allemande investie les lieux sur une musique digne des plus grandes corridas. Barrière de la langue oblige ce n’est pas en allemand mais en anglais que le groupe se présente à l’assemblée.

Influencé par la musique jazz noire américaine des années vingt le Brass Band se détache habilement du courant grâce aux prouesses de leur DJ. Cependant d’un morceau à un autre l’univers change, de Ray Charles à Bob Dylan l’extraordinaire voix du chanteur nous transporte loin dans le temps. Malgré une musique sur vitaminée et déjantée, rien n’y fait le public qui était il y a tout juste une demie heure entrain de déambuler se Dub Inc se retire petit à petit. Cela est d’autant plus dommage que le groupe mérite à être connu avec des productions originales et universelles il y en a pour tous les gouts, malheureusement le groupe ne jouit pas de la même renommée que Dub Inc, par conséquent le « public rasta » – venu en grand nombre pour les stéphanois- démontre une fermeture d’esprit des plus tristes, pour moi qui croyais que la dite communauté était ouverte d’esprit je suis pour le moins déçu. Mais revenons au principal, au MGBB. Peu d’échange avec le public certes mais une musique riche et généreuse qui comble sans problème le vide. Les morceaux s’enchainent, et même si le set se termine assez rapidement, le public qui est resté ne l’a certainement pas regretté.

Il se fait tard et le festival accumule le retard lorsque Sporto Kantès débarque sur scène. Chapeau, Chemise classe, Cigare à la bouche, en outre ambiance chic. Néanmoins c’est au même moment que j’ai l’occasion de faire une interview d’Aurélien « Komlan » et Grégory « Zigo » respectivement chanteur et batteur de Dub Inc. Ce n’est que par brefs coups d’œil que j’entraperçois le concert de S-K. Du coup je ne pourrai qu’en dire que l’ambiance semblait avoir redescendue au même titre que le nombre de spectateurs, que le groupe était de qualité, et que même si le chanteur a fait tombé la chemise l’ambiance n’est pas remontée – sauf au moment où ils ont joué «  Whistle » (morceau pour une publicité), où tout le monde s’amusait à siffloter le refrain- . Par conséquent je ne puis m’étaler plus sur le concert de Sporto Kantès qui malgré tout semblait bien, même de loin.

Bien que le festival ait fait l’effort de jouer la carte de l’éclectisme, ce dernier ne déroge pas à certaines règles. La première étant que le public vient en priorité pour les têtes d’affiches, Mardi Gras Brass Band et Sporto Kantès, en auront fait les frais à leur dépend. Cependant il semble important de souligner cet effort, même si la différence ne paye pas toujours, elle rend, généralement les chroniqueurs un peu fou fou dans leur tête, très heureux ! En bref et sans image, cette première soirée au Woodstower Festival fût – hormis le froid hivernal et la biére trop chére – une très bonne soirée.

-BOBY -

Plus de photos sur : http://www.flickr.com/photos/boby_allin/sets/72157622209577304/

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Edited: septembre 18th, 2009

Julien Doré and the Bash + Greg Fontaine – Château de l’Emperi (Salon de Provence) – 17/07/2009

Julien Doré and the Bash + Greg Fontaine – Château de l’Emperi (Salon de Provence) – 17/07/2009

Dans le sud il y a environ 55 jours de pluie par an, il était donc tout naturel que lorsque je me rende à un concert en plein air, il pleuve. Au dernier moment j’arrive devant le château de l’emperi et malgré une légère pluie une queue d’environ soixante mètres s’est déjà constituée devant les remparts de la forteresse. Sur le coup je pensais passer pour un vieux dans un public exclusivement constitué de pré adolescentes -boutonneuses-. Ce fût donc une grande surprise de voir que toutes les générations avaient fait le déplacement pour venir admirer un pur produit de la télé, Julien Doré, le vainqueur de la nouvelle star, l’émission qui découvre « des talents ». Ayant peu d’intérêt pour toutes ces stars sortant du petit écran et plus particulièrement de reality shows à l’américaine, c’est avec la curiosité de voir ce que pouvait donner ce type « d’artiste » sur scène que je suis venu.

Avant de passer aux choses sérieuses, c’est à un jeune artiste avignonais que revient la lourde tache d’ouvrir. Le back-line de Julien Doré étant entièrement bâche à cause des averses, c’est dans un étrange décor que Greg et son pote entament leur set avec une pensée pour l’ouvrier décédé au stade vélodrome lors de la construction de la scène pour Madonna. Pour casser le silence qui règne les deux compagnons commencent à jouer. Une musique sans complexe, des textes bien écrits tels sont les atouts des deux jeunes artistes. Ce n’est jamais une chose évidente de faire une première partie, peut être encore plus lorsqu’après il y a un artiste pour lequel les gens ont investi du temps et de l’argent. Cependant Greg Fontaine s’en tire bien, même s’il ne fait pas l’unanimité auprès du public une bonne majorité semble conquise. Mais c’est peut être bien lorsque le groupe se risque à une reprise de Sufjan Stevens « Lakes of Canada » qu’il fédère le plus de monde. Même si certaines groupies de JD ne sont pas d’accord avec moi, Greg fut, quoi qu’on puisse en penser, un choix judicieux pour mettre dans le bain les spectateurs.

Pendant le changement de plateau je discute avec les groupies des premiers rangs. C’est avec une ferveur à toute épreuve que l’ on essaie par A+B de me démontrer à quel point Julien Doré est un artiste original, décalé et extraordinaire. Pour ma part je préfère attendre de le voir sur scène pour porter un jugement bien que je me sois déjà fait une petite idée de ce type de chanteur… Sur le plateau un tas d’objets kitch sont installés, une renard empaillé, une tête de biche, une télé vintage ou encore une immonde lampe. Les spectatrices m’expliquent que c’est la marque de fabrique du chanteur, le décalage. A cet instant je comprends pourquoi Julien Doré est devenu la risée des Guignols de l’info… Comble du mauvais goût, pour nous faire patienter nous avons le droit en fond sonore à des chansons d’amour italiennes.

Le temps achève les longs couchés de soleil propre au Sud de la France. Le château est plongé dans la pénombre. Devant l’ambiance est palpable. Julien Doré entre soudainement sur scène, cymbales en main à la façon d’Arno, l’apprenti dandy ne retient pas ses coups. Il faut dire qu’avec « Piano Lys » je suis plutôt étonné. C’est agréable et entrainant, si l’ensemble du concert est à l image de ce premier morceau, il se pourrait que je puisse revenir sur mes idées reçues. En échangeant les cymbales pour la guitare JD parle enfin au public qui est déjà sous le charme. « Bonjour, peignoir, Bonsoir Baignoire … », en repensant à ma précédente discutions avec les fans, je saisis le côté décalé du personnage. Tout ce passe bien jusqu’au moment où, dans le public, une bagarre éclate en plein milieu de la foule. Ca se cogne, ça s’insulte ça crie, à tel point que Julien Doré est obligé d’arrêter la chanson qui venait d’entamer. La sécurité n’arrivant pas, ce sont des spectateurs qui ont dû intervenir. De son côté JD le yeah-yeah se transforme en JD l’énervé, c’est peut être le seul moment où l’artiste paraît sincére; «Vous arrêtez un peu de faire chier les gens!? Vous n’avez quà dégager, de toute moi je m’en fous j’ai pas payé 27€ (ndlr 30 euro en vérité) pour être là ! ». Malgré ça, dans la fosse ça continue de taper. Hors de lui, il prend une bouteille qu’il vide sur les querelleurs. Une fois leurs ardeurs refroidies le concert reprend de plus belle. Tous ensemble, public et musiciens reprennent le morceau d’Alizée, tient elle aussi issue d’une émission télé, «Moi Lolita ». La reprise est plaisante et à mon sens bien mieux que l’originale, certes ce n’était pas très dur. Tout à coup un second batteur se glisse derrière la batterie, la remake se transforme rapidement en un véritable brouhaha. Julien Doré veut être partout sauf là où on l’attend. Une joueuse de golf débarque de nulle part, après avoir délicatement posé la balle par terre. JD pointe son club en direction des chamailleurs de toute à l’heure, fou rire dans le public. Sans surprise il tire et rate la balle, finalement il a peut être bien fait de choisir la musique… Sans transition aucune, le dandy de la nouvelle star interprète « Les limites ». Pour être honnête, version disque il me fut impossible d’écouter la chanson jusqu’à la fin et je suis forcé d’avouer qu’en live ça a quand même une tout autre allure. Dans un registre un peu plus blues, Julien Doré entame un strip tease sur « First Lady ». Comme en transe, le jeune artiste décide de grimper sur la structure métallique de la scène, ce n’est qu’après avoir glissé et risqué de faire une chute d’une dizaine de mètres qu’il décide finalement de descendre. Si le concert avait dû s’arrêter là il ne fait aucun doute que l’image que j’avais de Julien Doré se serait améliorée. Malheureusement une fois les tubes joués, les autres morceaux se révèlent peu intéressants. A l’image des « Bords de Mer » qui en plus d’être un des morceaux les plus ennuyeux du concert, était surtout inaudible à cause de la basse qui couvrait les autres instruments . « I Wanna Go To Winnipeg With You » annoncée avec un humour que l’on jurerait pompé sur Stéphane Guillon fait inlassablement penser à un mauvais générique de séries télé des années 80. Faire du neuf avec du vieux reste la règle d’or dans le milieu de la télévision, et Julien Doré qui doit son succès à ce milieu respecte parfaitement cette règle. Entre deux rappels, il s’amuse à faire pour la énième fois une boutade sur la baston précédente, « Ce soir j’ai envie que ça soit un soir concert bataille ». Puis à un moment  il faut bien s’arrêter, c’est la déception pour les fans, le soulagement pour moi. Néanmoins il semblait trop difficile pour Julien Doré de finir de façon conventionnelle par conséquent tout le petit monde sur scène reprend son instrument pour conclure le concert sur un morceau sans queue ni tête, étonnant hein ?… « I want to play my country to save the world », à force de vouloir être décalé JD se révèle être avant tout prévisible et d’un conformisme à toute épreuve.

En outre pas vraiment d’originalité, une entrée sur scène similaire en tout point à celle d’Arno, un cynisme emprunté à Mademoiselle K, l’humour de Stéphane Guillon, la gestuelle de Jim Morrison… Quand on dit que la TV ça lave le cerveau ce n’est peut être pas pour rien. Pour être franc un concert de Julien Doré c’est du 50/50, une première partie surprenante et une seconde partie totalement décevante. Peut être que je regarde trop Arte pour pouvoir comprendre la subtilité d’un artiste entièrement conditionné par un système qui croit que la culture se résume à faire une bonne reprise de Céline Dion. Je comprends qu’on puisse apprécier mais de là à payer 30 euro pour voir ça, j’avoue quand même qu’une telle ferveur me sidère.

- Boby -

Myspace de Greg Fontaine : www.myspace.com/gregfontaine

Myspace de Julien Dore : www.myspace.com/juliendoremusic

PHOTOS DU CONCERT DISPONIBLES DANS “GALLERY”(en haut à droite)

ARTICLE DISPONIBLE SUR LIVE IN MARSEILLE : http://www.concertandco.com/ville/marseille-aix/julien-dore-and-the-bash-greg-fontaine/critique-concert-1-3-29299.htm

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Edited: juillet 20th, 2009

Les Suds d’Arles : Bassekou Kouyaté, Rodrigo y Gabriela – Théatre Antique (Arles) – 15/07/09

Les Suds d’Arles : Bassekou Kouyaté, Rodrigo y Gabriela – Théatre Antique (Arles) – 15/07/09


Comment présenter les Suds d’Arles ? Peut être en commençant tout simplement par le commencement. En énonçant par exemple que cette année le festival célèbre sa 14éme édition, que ce sont des artistes de toutes nationalités qui vont se succéder sur les 3 scènes éparpillées dans la grande ville d’Arles ou encore que c’est une programmation fondée sur l’originalité et la qualité qui fait de ce festival un véritable OVNI. Troisième soirée dans l’ancienne citée romaine, et pas des moindre. Dans moins d’une heure les maliens de Bassekou Kouyaté rentreront en scène juste avant que le duo mexicain que forme Rodrigo y Gabriela n’empoignent leurs guitares. En outre une bonne soirée qui s’annonce, malheureusement c’est sur l’incompétence d’une femme que tout débute. Oublie d’accès photo, fausses informations etc… En bref toutes les galères que craignent les chroniqueurs compilées en une seule personne.

Aménagé pour l’occasion le théâtre antique s’est refait une beauté. Petit à petit les spectateurs rentrent dans l’hémicycle. Afin de profiter du spectacle au mieux nous décidons de nous installer en face de la scène, cependant à notre grande surprise, c’est de la bouche d’un bénévole que l’on apprend que toutes les rangées centrales sont réservées, finalement depuis l’antiquité ça n’a pas beaucoup changer. Nous nous trouvons donc dans la fosse avec la plèbe lorsque « Le prince des cordes », Bassekou, rentre en scène. Seul, il passe entre deux immenses colonnes, le lieux prend de suite une tout autre ampleur. Armé de son n’goni (instrument traditionnel africain), Bassekou est vite rejoint par ses compères. Sur scène la petite communauté composée de 5 joueurs de n ’goni, une chanteuse et un joueur de calebasse, commence à faire virer l’amphithéâtre. Très entrainante, la musique malienne, aura en moins de deux morceaux attiré les spectateurs , de plus en plus de monde descend des gradins pour venir se déhancher dans l’arène. Le sourire jusqu’aux oreilles, le prince prend la parole, honorant son rôle d’ambassadeur du n’goni il en fait le bref historique avant de remercier le public. « La France c’est bon très bon, merci à tous d’être venus […] le prochain morceau s’appelle « le joueur de n’goni » ». Les mélodieux sons des solos de n’goni semblent captiver les foules. Dans le public comme sur la scène l’ambiance est à son comble, lorsque ce n’est pas le public qui saute, se sont les musiciens qui s’amusent à la « queueleuleu ». Dans une ambiance bonne enfant le prochain morceau est un hymne à la jeunesse. Comme dirait Bassekou, « c’est bon c’est très bon ». Ce dernier annonce le dernier morceau en présentant sa femme, « elle va chanter pour moi ». Dans la fosse on commence à être de plus en plus serré, il faut dire que ces sept maliens là ont un don pour mettre l’ambiance. Enfin, après 45 minutes de set qui n’ont semblé durer que 20 minutes, Bassekou Kouyaté se retire de la scène.

Rapide changement de plateau. Pour attendre l’organisation diffuse du Tool, chose rare mais toujours aussi délectable. Soudain la musique s’éteint, la lumière s’allume, Rodrigo et Gabriela s’assoient illico presto sur leur siège. Et voilà c’est parti pour une heure vingt de concert de guitare. R. se charge des solos, G. de la rythmique, l’osmose parfaite. Nul besoin de batterie, une caisse de guitare sèche est amplement suffisant pour le couple mexicain. En seulement deux morceaux le public est littéralement sous le charme. Comment ne pas l’être ? La dextérité et la facilité dont font preuve R&G est aussi surprenante que déconcertante. Certains riffs paraissent même impossible à interpréter d’autant plus que Gabriela s’offre le luxe de se dispenser de médiator. Influencée par les traditions mexicaines, le duo ne renie pas pour autant ses origines, le rock et le métal. Rodrigo entame l’intro de « Stairway to heaven » malheureusement ce dernier ne va pas plus loin, c’est une légère déception pour le grand fan de Led Zeppelin que je suis, surtout qu’en vidéo le rendu était plutôt remarquable. Le couple multiplie les clins d’œil à leurs origines avec l’intro de « Master of Puppets » de Metallica ou encore l’époustouflante reprise d’ « Orion », toujours du même artiste. Mais l’ univers de Rodrigo y Gabriela n’est pas que fondé sur des reprises de monstres du rock’n roll, mais aussi sur des compositions toutes plus agréables les unes que les autres. « El Diablo Rojo » ou encore « Tamacun » rencontrent un franc sucés auprès d’un public en pleine effervescence. Rodrigo se retire de la scène laissant Gabriela face au public. Le spectacle reste de qualité mais indéniablement Gabriela sans Rodrigo est comparable à un pouilleux sans poux. Fort heureusement le principal intéressé revient vite, de temps à autre il se lève partant à la rencontre d’un public qui l’accueille chaleureusement. Barrière de la langue oblige les échanges avec le public sont assez rares. Gabriela nous apprend qu’un nouvel album va sortir, offrant ainsi un bon alibi à l’interprétation d’un nouveau morceau. Puis los mexicanos se retirent, bière à la main. Le temps de descendre la bouteille cul sec le regroupe est déjà de retour sur scène. R&G jouent trois encore trois morceaux avant de se retirer cette fois définitivement. Le public ne cesse de rappeler le duo, en vain, l’amphithéâtre est soudainement éclairé.

Avec cette soirée les Suds d’Arles ont été à la hauteur de leur réputation. Qu’il s’agisse des maliens de Bassekou Kouyaté ou du couple mexicain Rodrigo Gabriela, le spectacle était de qualité mais aussi et surtout d’une extrême générosité sans oublier l’ambiance, digne des plus grands spectacles antiques qui devaient se déroulaient dans ce même lieux il y de ça quelques années…

- Boby -

Myspace de Bassekou Kouyaté : www.myspace.com/rodrigoygabriela

Myspace de Rodrigo y Gabriela : www.myspace.com/bassekoukouyate

PHOTOS DU CONCERT DISPONIBLES DANS “GALLERY”(en haut à droite)

ARTICLE DISPONIBLE SUR LIVE IN MARSEILLE : http://www.concertandco.com/ville/marseille-aix//critique-concert-1-3-29281.htm

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Edited: juillet 19th, 2009