
De nos jours, lorsque l’on s’aventure à parler de voyages, il y a, du moins en France, trois sortes de personnes. Ceux qui sont allés en Afrique par Avion, ceux qui s’y transportent via la Ferme Débilités et, pour finir, ceux qui s’y exportent à travers la musique. Ce soir, le Grenier a Sons qui affichait complet était rempli de personnes présents dans la première et troisième catégorie. Un public des plus amusants pour un artiste des plus surprenant. Après une longue tournée, le fameux batteur de Fela, icône intemporelle de l’afrobeat, Tony Allen pose ses valises le temps d’une soirée à Cavaillon.

En attendant c’est à Nuru Kane ainsi que son acolyte d’entrer sur scène. En costume traditionnel coiffé d’un long bonnet, la formation s’avère des plus simples ; deux guitares, ainsi qu’un guembri. La section rythmique est quant à elle uniquement assurée par les coups de pieds sur le sol ainsi que quelques battements sur la guitare. Même si l’ambiance tarde à démarrer, Nuru profite de chaque intermède entre les morceaux pour nous compter sa vie, son histoire, sa musique.

Ainsi il fait la promotion de son prochain album « Number One Bus« . En référence au bus qu’il devait prendre chaque jour pour aller au travail. *A imaginer ave l’accent sénégalais* : « Mon album raconte mes voyages dans le bus pour aller travailler. Chaque morceau est une étape avec des gens qui montent d’autre qui descendent. J’y raconte mon voyage en espérant vous transporter avec moi. ». Mission réussie, le grenier à son se transforme progressivement en bus dont Nuru est le conducteur. Peu à peu l’ambiance se détend.

Si la performance de Nuru derrière son guembri est remarquable elle ne serait pas grand chose sans les monstrueux solos de guitare de son compagnon. Mais plus étonnant encore, c’est que le manque de section rythmique ne se fait pas ou peu ressentir. Lorsqu’elle n’est pas assurée par Kane Kane c’est au public de prendre le relais à coup de claquements de mains. C’est d’ailleurs sous ses même claquements que mister Kane quittera la scène avec pour seul regret de ne pas avoir pu jouer plus longtemps, regret visiblement partagé par le public.

Après avoir vagabonder du côté du Sénégal c’est vers le Nigeria que nous nous dirigeons, le tout guidé parTony Allen, excusez du peu. Il faut dire qu’il n’est que le fondateur de l’afrobeat et simplement le batteur de Fela… Mais revenons en au concert. Si Tony ne se trouve pas encore sur scène ce n’est pas le cas de ses –nombreux- musiciens. Un vrai village ! Entre les deux guitariste le trio formant la section cuivre, le claviériste fou, la bassiste en retrait et la chanteuse, difficile de se faire sa place sur scène. Et pourtant tout le monde arrive à se déhancher tout en jouant.

C’est donc la douce voix de sa chanteuse qui nous accueille. Pénombre la plus totale jusqu’à la très la très attendue arrivée de Tony Allen. Si le public était un peu retissant au début de la prestation de Nuru, là c’est tout l’inverse a tel point que le public a dû mal à s’arrêter entre les morceaux. C’est donc le très entrainant et non moins tubesque « Elewon Po » qui ouvre le bal.

Et c’est donc parti pour plus de deux heures de crazy afrobeat. Des fois, Tony chante, souvent il s’amuse à la batterie et parfois il fait les deux avec une facilité déconcertante. Comme le dira plus tard dans la soiréeNuru Kane « Tony Allen est seul mais il n’est pas seul » et c’est dans ce contexte qu’à chaque morceau chacun des musiciens montrent leur talent en solos. Indéniablement Tony n’est pas la seule personne à briller sur les planchers du Grenier à Sons ce soir.

Entre anciens et nouveaux morceaux, toute la vie musicale du vieux Tony est revisitée pour le plus grand plaisir des spectateurs. Hormis deux trois interventions du sexagénaire pour le moins incompréhensibles, pas vraiment de dialogue concret entre ces mêmes spectateurs et le vieux Allen. Il faut reconnaître cependant que là où les mots laisse un vide la musique les comble aussi tôt. Généreuses comme leur créateur, c’est avec un sourire qui va jusqu’aux lèvres que le groupe nous gratifie d’encore quelques compos avant de se retirer.

Une fois de plus ce n’est pas Tony Allen qui revient le premier sur les planches mais son bassiste profitant de l’occasion pour s’adonner à un solo de basse qui n’a d’égale que son monstrueux talent. Ca splape, ça joue plus vite que son ombre, un seul mot pour qualifier mon sentiment vis à vis de la performance, RESPECT ! Entre temps le reste du groupe retrouve la scène. Pour le plus grand plaisir du public Nururevient lui aussi. C’est d’ailleurs à lui que revient la présentation du groupe. Sur un refrain made in Tony,Mr Kane tout en dansant explique en guise de présentation que :
» Quand j’étais petit
Les journalistes me demandaient
Mais qui est ton idole
Et moi je leur répondais
C’est quelqu’un qui vient du Niger
C’est quelqu’un qui est une Légende
Son nom c’est……..
Tony Allen !!!! »

Après plus de deux heures de générosité, voyage, solos de divers instruments, Tony Allen pose définitivement les baguettes pour venir à la rencontre de son public venu en grand nombre. C’est donc accompagnée de tous ses musiciens que la légende vivante de l’Afro beat salue une dernière fois son public, ses amis d’un soir avant de leur dire aurevoir.

- BOBY -
PHOTOS DU CONCERT DISPONIBLES DANS “GALLERY”(en haut à droite)
ARTICLE DISPONIBLE SUR LIVE IN MARSEILLE :http://www.concertandco.com/critique/nuru-kane-tony-allen/critique-concert-1-33263.htm

Posted: mars 23rd, 2010 under Musique - No Comments.